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D’une gestion réactive à une gestion proactive : intégrer les risques climatiques dans la chaîne de valeur de votre entreprise

By Banque Royale du Canada

Published 26 février 2026 • 14 min de lecture

TLPL

  • L’analyse de la chaîne de valeur peut aider les entreprises à passer d’une gestion réactive des risques climatiques à une approche proactive de la transition vers une économie à faibles émissions de carbone.

  • Il existe deux catégories de risques climatiques : les risques physiques et les risques de transition.

  • Les risques physiques englobent les perturbations liées aux conditions météorologiques, les difficultés d’accès à l’assurance qui en découlent et les dangers pour la sécurité des travailleurs et la santé publique.

  • Les risques de transition désignent les risques commerciaux, financiers et de conformité liés au fait que les gouvernements et les clients attendent davantage de transparence et de mesures visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre.

  • Les entreprises qui renforcent leur résilience tout au long de leur chaîne de valeur peuvent réduire l’incertitude et le risque financier en atténuant l’interruption des activités, en améliorant l’accès à l’assurance et en se préparant à l’évolution des attentes réglementaires et du marché. 

Les entreprises qui évaluent et renforcent de façon proactive leur résilience face aux risques climatiques réduisent non seulement l’incertitude, mais se dotent aussi d’un avantage concurrentiel non négligeable. Des études révèlent (ce lien mène à un site web dont le contenu est en anglais seulement) que les entreprises qui ont intégré la planification des risques climatiques dans leur stratégie ont tendance à afficher une meilleure continuité opérationnelle et un meilleur rendement financier : moins de perturbations opérationnelles, de meilleurs résultats en matière d’assurance, une confiance accrue des investisseurs et des parties prenantes, une meilleure préparation à l’évolution de la réglementation et du marché, et une prise de décision plus efficace.

Demandez à un propriétaire d’entreprise de Colombie-Britannique ce dont il se souvient de 2021, et il mentionnera probablement la météo (ce lien mène à un site web dont le contenu est en anglais seulement). Pour commencer, une vague de chaleur extrême au début de l’été a fait grimper les températures jusqu’à plus de 40 °C, avant que des incendies de forêt généralisés ne déclenchent un état d’urgence qui a duré deux mois. À l’automne, des inondations et des glissements de terrain destructeurs ont coupé les voies de transport et d’approvisionnement vitales, dont le pipeline Trans Mountain, ce qui a entraîné plusieurs semaines d’inactivité (ce lien mène à un site web dont le contenu est en anglais seulement) au sein de la raffinerie Parkland à Burnaby, en Colombie-Britannique. Une entreprise agricole a vu toute son exploitation de bleuets disparaître sous les eaux (bâtiments, usines, semis, machinerie, etc.), un coup dur dont elle mettra des années à se remettre (ce lien mène à un site web dont le contenu est en anglais seulement).

Partout au Canada, les entreprises tiennent compte des risques climatiques dans leurs activités et leur planification du capital : les fabricants et les distributeurs diversifient leurs fournisseurs et leurs sites d’entreposage afin d’ouvrir de nouveaux corridors logistiques qui contournent les zones inondables et celles touchées par les incendies de forêt ; les producteurs agricoles investissent dans le drainage, le stockage de l’eau et les cultures résilientes aux changements climatiques après avoir subi des pertes dues aux inondations, à la chaleur extrême et à l’exposition à la fumée ; et les propriétaires de biens immobiliers commerciaux modernisent leurs actifs en les équipant de systèmes de protection contre les inondations, d’alimentation électrique de secours et de refroidissement afin de réduire les interruptions et de protéger la valeur de leurs actifs.

Les conditions météorologiques extrêmes ne sont pas la seule cause des risques et de l’instabilité liés aux changements climatiques pour les entreprises. La réglementation, tant au Canada qu’à l’étranger, établit de nouvelles normes en matière d’émissions de gaz à effet de serre (GES) et d’information, et les organismes gouvernementaux mettent en place des politiques pour soutenir la transition vers des économies à faibles émissions de carbone.

De nombreuses organisations tentent d’identifier les risques climatiques qui pourraient avoir une incidence sur leurs activités. La Banque du Canada, par exemple, a publié un rapport sur les risques liés aux changements climatiques décrivant comment elle prévoit gérer ces risques, notamment en réduisant son empreinte écologique et en analysant comment son bilan réagirait à différents scénarios.

Alors, que peuvent faire les entreprises comme la vôtre pour évaluer et gérer ces risques ?

Utiliser l’analyse de la chaîne de valeur pour identifier les risques climatiques

L’évaluation du risque n’est pas une nouveauté pour les dirigeants d’entreprise, mais les changements climatiques ont introduit une nouvelle série de risques qui doivent être pris en compte dans l’analyse des risques d’une entreprise, comme l’incidence sur les activités, la santé et la sécurité des employés, les revenus et la réputation.

Il est impossible d’éliminer tous les risques climatiques pour votre entreprise, mais le recours à l’analyse de la chaîne de valeur pour identifier les risques peut vous aider à trouver des moyens de réduire et d’atténuer les répercussions financières et matérielles, tout en garantissant la santé et la sécurité des employés. Une chaîne de valeur comprend tous les éléments qui entrent dans le processus de fabrication et de vente d’un produit (la chaîne logistique) et ceux qui en augmentent la valeur, notamment la recherche et le développement, le marketing, le service après-vente et même la façon dont les produits sont mis au rebut à la fin de leur durée de vie.

L’évaluation des risques climatiques dans votre chaîne de valeur comprend généralement deux grandes catégories : les risques physiques et les risques de transition.

Risques physiques : quelle incidence sur la chaîne de valeur ?

Les risques physiques englobent les nombreux risques liés aux conditions climatiques qui pourraient avoir une incidence sur une entreprise aujourd’hui, de l’augmentation des coûts d’assurance à la menace croissante des risques liés aux changements climatiques à long terme et leurs répercussions indirectes, notamment sur la santé publique.

La hausse du coût des assurances (ce lien mène à un site web dont le contenu est en anglais seulement) est un indicateur de risque physique ; de nombreuses entreprises doivent supporter des primes d’assurance plus élevées, une couverture réduite, une augmentation des franchises ou des exclusions en cas d’événement météorologique extrême.

La disponibilité et l’abordabilité des assurances pourraient influencer de plus en plus les choix des entreprises en matière d’implantation, d’investissement ou d’expansion. En effet, dans certaines régions, les entreprises sont confrontées à des hausses de primes après de multiples sinistres liés aux conditions météorologiques, à des restrictions de couverture en cas d’inondation ou d’incendie de forêt, et à un examen plus minutieux des mesures d’atténuation du risque. L’analyse de la chaîne de valeur peut aider les entreprises à identifier les actifs, les fournisseurs et les routes logistiques les plus exposés, ainsi que les domaines dans lesquels des plans d’atténuation pourraient contribuer à gérer à la fois les risques physiques et les enjeux en matière d’assurance.

La sécurité des travailleurs constitue un autre défi : les chercheurs s’attendent à ce que le nombre de travailleurs exposés à un stress excessif dû à la chaleur pendant la journée augmente considérablement d’ici 2050. Dans certains pays, les travailleurs se tournent vers les quarts de nuit pour rester au frais (ce lien mène à un site web dont le contenu est en anglais seulement). En outre, l’augmentation et la gravité accrue des incendies de forêt, des inondations, des canicules et des tempêtes devraient avoir une incidence importante sur les entreprises au fil du temps. Selon une estimation, les pertes annuelles des sociétés cotées pourraient atteindre entre 560 et 610 milliards de dollars américains d’ici 2035.

Ces répercussions, à la fois mondiales et locales, ne sont pas nécessairement faciles à prévoir. L’épisode inédit des feux de forêt au Canada en 2023, par exemple, n’a que peu affecté le PIB global du pays, mais il a eu une incidence considérable dans certaines régions, comme les Territoires du Nord-Ouest, où une part importante de l’activité économique potentielle a été touchée (ce lien mène à un site web dont le contenu est en anglais seulement) par les évacuations.

Quatre mesures pouvant contribuer à atténuer les risques physiques dans la chaîne de valeur

Voici quelques façons dont l’analyse de la chaîne de valeur peut aider à cerner et à atténuer les risques physiques :

  • Identification des partenaires et fournisseurs susceptibles d’exercer leurs activités dans des régions exposées à des phénomènes météorologiques extrêmes, ce qui pourrait perturber leur rôle dans les activités de votre entreprise.

  • Identification des mesures d’atténuation pouvant être mises en œuvre au niveau des actifs, des fournisseurs et de la logistique afin d’améliorer la couverture d’assurance.

  • Mise en œuvre de plans d’urgence si les pratiques standard sont perturbées par des événements climatiques, comme la logistique et le transport.

  • Mise en place de processus visant à protéger les employés contre les conditions météorologiques dangereuses, comme la chaleur extrême.

Risques de transition : quelle incidence sur la chaîne de valeur ?

Dans un contexte où les gouvernements et les clients attendent davantage de transparence et de mesures, les risques de transition deviennent un enjeu commercial et financier de plus en plus important, et non plus seulement une question de conformité. Les risques de transition prennent en considération plusieurs forces pouvant avoir une incidence sur les activités de votre entreprise, qu’il s’agisse des politiques gouvernementales, lois et règlements actuels ou futurs, des obligations de déclaration en matière de GHG, des avancées technologiques, ou des changements dans l’humeur du marché et l’attitude des clients.

Selon le type d’entreprise que vous gérez et l’endroit où vous exercez vos activités, vous pourriez être tenu de mesurer les émissions de GES de votre entreprise. Même lorsque la divulgation n’est pas obligatoire, certaines politiques ont accru la nécessité de disposer de données fiables sur les émissions en renforçant les attentes en matière d’allégations environnementales ou d’exposition au carbone pour certains produits et marchés. Par exemple, Loi canadienne contre l’écoblanchiment (le projet de loi C-59) exige que les sociétés qui présentent des déclarations environnementales disposent de données fiables pour les appuyer, et au-delà des frontières du Canada, les entreprises qui exportent des marchandises vers l’Union européenne pourraient être touchées par des mesures comme le Mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (MACF) de l’UE qui établit une tarification du carbone pour les biens à forte intensité carbone entrant dans l’Union européenne.

Qu’ils soient obligatoires ou volontaires, le suivi et la déclaration des émissions de GES de votre entreprise pourraient avoir des avantages allant au-delà du respect des normes réglementaires. Les fournisseurs risquent de perdre des revenus si les clients leur demandent de l’information sur leurs émissions ou leurs produits à faibles émissions de carbone leur permettant respecter leurs propres engagements à atteindre zéro émission nette. De plus, la compréhension des émissions tout au long de la chaîne de valeur peut aider les entreprises à anticiper la demande des clients et à planifier leurs investissements en conséquence. L’amélioration de la transparence et le partage des progrès réalisés peuvent également contribuer à renforcer la confiance et la fidélité des parties prenantes et des clients, et pourraient devenir un élément important pour vous démarquer de la concurrence.

Pour en savoir plus : La gestion du carbone et son utilité pour votre entreprise

Vous envisagez peut-être de passer à un parc de véhicules électriques, ou d’adopter les énergies renouvelables dans votre usine. L’analyse de la chaîne de valeur peut vous aider à identifier les risques liés aux actifs délaissés ou à faible rendement à mesure que la technologie et les normes évoluent, ce qui pourrait avoir des répercussions financières liées au remplacement d’actifs existants par des alternatives plus récentes et plus écoénergétiques.

Les politiques gouvernementales et les normes mondiales imposent la divulgation des émissions pour certaines activités commerciales, mais pour de nombreuses entreprises, la majorité des émissions sont indirectes (souvent appelées émissions de la « portée 3 »). L’analyse de la chaîne de valeur peut permettre d’anticiper les exigences réglementaires potentielles et de prendre les mesures nécessaires. Le Protocole des émissions de gaz à effet de serre fournit un guide détaillé (ce lien mène à un site web dont le contenu est en anglais seulement) reconnu mondialement qui aide les entreprises à quantifier et à déclarer leurs émissions de GES. Des outils tiers de gestion du carbone peuvent également aider les entreprises à faire le suivi des émissions à partir de multiples points de données.

Quatre mesures pouvant contribuer à atténuer les risques de transition dans la chaîne de valeur

  • Mise en place ou perfectionnement de processus de suivi et de déclaration des émissions de GES, que ce soit par l’entremise d’équipes internes ou d’outils tiers de gestion du carbone

  • Identification des domaines soumis à des normes ou à des politiques de déclaration obligatoire, et collaboration avec les partenaires et les fournisseurs pour recueillir des données et réduire les émissions, au besoin

  • Élaboration d’un plan de transition pour les mises à niveau technologiques et opérationnelles, en planifiant le cycle de vie des actifs existants afin de gérer les coûts de façon efficace

  • Élaboration de stratégies de communication pour transmettre des données fiables et précises aux parties prenantes et aux clients

Pour en savoir plus : La question des émissions : comprendre les portées 1, 2 et 3 au sein de votre entreprise

L’analyse de la chaîne de valeur pour aller au-delà de la gestion réactive des risques

Les entreprises qui évaluent et renforcent de façon proactive leur résilience face aux risques climatiques réduisent non seulement l’incertitude, mais se dotent aussi d’un avantage concurrentiel non négligeable. Des études révèlent (ce lien mène à un site web dont le contenu est en anglais seulement) que les entreprises qui ont intégré la planification des risques climatiques dans leur stratégie ont tendance à afficher une meilleure continuité opérationnelle et un meilleur rendement financier : moins de perturbations opérationnelles, de meilleurs résultats en matière d’assurance, une confiance accrue des investisseurs et des parties prenantes, une meilleure préparation à l’évolution de la réglementation et du marché, et une prise de décision plus efficace.

Il ne fait aucun doute que les risques climatiques ont une incidence sur les activités, les coûts et la compétitivité des entreprises. L’analyse de la chaîne de valeur peut aider les entreprises comme la vôtre à passer d’une gestion réactive des risques climatiques à une approche priorisant les mesures qui protégeront leurs actifs, renforceront leurs chaînes logistiques, amélioreront leur transparence et leur position concurrentielle dans le cadre de la transition vers une économie à faibles émissions de carbone.Combinés, ces avantages démontrent que l’atténuation des risques climatiques peut avoir une grande incidence sur la gestion des coûts, la continuité des opérations et la valeur à long terme de l’entreprise.

Pour en savoir plus : Analyse de la chaîne de valeur dans la stratégie de durabilité environnementale de votre entreprise – Guide du débutant

Le présent article vise à offrir des renseignements généraux seulement et n’a pas pour objet de fournir des conseils juridiques ou financiers, ni d’autres conseils professionnels. Veuillez consulter un conseiller professionnel en ce qui concerne votre situation particulière. Les renseignements présentés sont réputés être factuels et à jour, mais nous ne garantissons pas leur exactitude et ils ne doivent pas être considérés comme une analyse exhaustive des sujets abordés. Les opinions exprimées reflètent le jugement des auteurs à la date de publication et peuvent changer. La Banque Royale du Canada et ses entités ne font pas la promotion, ni explicitement ni implicitement, des conseils, des avis, des renseignements, des produits ou des services de tiers.

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