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Prévention de la fraude sur chèque et protection de votre entreprise

By Jared Lindzon

Published 16 mars 2026 • 11 min de lecture

TLPL

  • Malgré l’essor des modes de paiement numériques, les chèques demeurent le mode de paiement le plus répandu au pays, et près d’une entreprise sur quatre pense qu’elle ne cessera jamais de l’utiliser.

  • Les fraudes sur chèque, comme la falsification, la contrefaçon ou le vol de chéquier, représentaient 15 % des fraudes sur paiement en 2024.

  • Les entreprises peuvent prendre plusieurs mesures pour se protéger contre la fraude sur chèque. Il leur est notamment conseillé de faire un rapprochement quotidien des comptes, d’utiliser un service de vérification des chèques et de les expédier par courrier recommandé.

Comme les vinyles, les appareils photo argentiques et les jeux de société, les chèques en papier ont conservé leur place dans nos vies malgré la profusion de solutions numériques.

Bien que les modes de paiement manuscrits ou imprimés à partir d’un ordinateur aient reculé ces dernières années, ils sont loin d’être au bord de l’extinction : sept entreprises canadiennes sur dix acceptent toujours les chèques papier, et presque un quart d’entre elles pensent qu’elles n’abandonneront jamais définitivement les modes de paiements à l’encre et sur papier.

Mais la fraude sur chèque existe depuis la création de ce mode de paiement. Elle peut prendre la forme de falsification et de contrefaçon, d’altération du nombre ou même de vol de chéquier.

Tant que les chèques resteront en circulation (encore très longtemps, d’après les données), les entreprises doivent donc être conscientes des risques et prendre les mesures nécessaires pour se protéger contre la fraude sur chèque. 

Les entreprises utilisent-elles encore des chèques en 2026 ?

De nombreuses entreprises ont encore recours à la forme de paiement analogique pour effectuer certaines opérations ou accepter elles-mêmes des paiements. Les entreprises utilisent des chèques plus généralement pour payer les fournisseurs et prestataires de services professionnels, puis pour payer les salaires, les loyers et les paiements au gouvernement.

Selon Paiements Canada, les entreprises ont utilisé moins de chèques en 2024 que l’année précédente. Toutefois, les montants en dollars envoyés par chèque sont en hausse. Les entreprises canadiennes ont utilisé 208 millions de chèques en 2024, soit une baisse de 9 % par rapport à 2023, tandis que la valeur totale des chèques a atteint 2,7 billions de dollars, soit une hausse de 5 % par rapport à l’année précédente. En tout, les entreprises ont eu recours aux chèques pour 11 % de leurs dépenses totales en 2025.

En dépit de leur utilisation continue, les chèques sont remplacés par des solutions numériques comme les transferts électroniques de fonds, les opérations Virement Interac, les paiements par carte et les télévirements, plus rapides, commodes et sécurisées. Ces modes de paiement numériques ont surpassé le volume d’opérations par chèque au sein des entreprises canadiennes pour la première fois en 2023, et celles-ci prévoient de recourir davantage aux modes de paiement numériques et sans contact à l’avenir.

En dépit d’une utilisation en baisse, les chèques ne disparaitront pas complètement

Malgré l’adoption croissante des solutions de rechange numériques, nous ne sommes pas prêts de voir disparaitre les chèques traditionnels : ils restent le mode de paiement le plus largement accepté au pays.

Les chèques sont acceptés par environ 90 % des entreprises des secteurs de la construction et de la fabrication, et par plus de 86 % des entreprises du commerce de gros. Les entreprises du commerce de détail et des services de restauration sont les moins susceptibles d’accepter les chèques, et pourtant, plus de la moitié et près du tiers d’entre elles, respectivement, les prennent.

La fraude sur chèque constitue-t-elle un risque réel pour les entreprises ?

Les chèques ont certes perdu de leur popularité passée, mais ils ont conservé leur attrait aux yeux des criminels et des fraudeurs. En effet, alors que les systèmes de détection des fraudes sur paiement numérique et les moyens de défense à leur encontre sont de plus en plus sophistiqués, certains de ses acteurs peuvent miser sur l’attention relativement limitée que portent leurs victimes aux solutions analogues.

Les chèques frauduleux représentaient 15 % des fraudes sur paiement en 2024, en deuxième position après les opérations au moyen de cartes de débit et de crédit volées, et avant les achats effectués à partir d’un site Web frauduleux.

Comment les fraudeurs s’y prennent-ils ?

La fraude sur chèque peut se faire de plusieurs façons. Les entreprises sont exposées à des risques autant à l’émission qu’à la réception des chèques.

Du côté expéditeur, il faut absolument avoir conscience que chaque chèque comprend des renseignements clés sur l’entreprise, y compris ses données bancaires, et que les fraudeurs peuvent y voir une occasion de les exploiter pour commettre des fraudes. Les chèques d’entreprise peuvent être volés ou utilisés de manière abusive par des employés pour effectuer des paiements non autorisés. Même si des chèques sont utilisés à bon escient et de manière autorisée, ils courent toujours le risque d’être interceptés et falsifiés avant d’être remis à leur destinataire véritable (en altérant le bénéficiaire ou le montant, par exemple).

Même si la technologie utilisée pour l’encre, le papier et les filigranes s’est améliorée, les criminels se sont adaptés à cette évolution, et peuvent toujours falsifier, reproduire ou trafiquer les chèques facilement et à bas coûts (ainsi que les pièces d’identité utilisées pour les encaisser). Du côté destinataire, les entreprises risquent également d’accepter des chèques falsifiés ou contrefaits pour le paiement de leurs produits ou services, car les données d’authentification ne sont pas automatiquement vérifiées sur le champ, comme c’est le cas avec la plupart des modes de paiement numériques.

Les fraudeurs peuvent également tenter des « escroqueries au surpaiement », qui consistent à payer avec un faux chèque ou un chèque frauduleux d’un montant supérieur au prix convenu et à demander un remboursement en espèces de la différence. La trésorerie des entreprises peut ainsi être directement touchée au moment où le chèque frauduleux est inéluctablement rejeté.

Sept moyens de protéger votre entreprise contre la fraude sur chèque

Alors que les chèques refusent d’être mis aux oubliettes et que la fraude sur chèque demeure une menace constante, les entreprises ayant recours à l’encre et au papier peuvent prendre des mesures pour se protéger.

1. Passer en revue les relevés de compte chaque jour pour repérer les paiements douteux

Comme avec tout mode de paiement, il est important de tenir rigoureusement ses dossiers et d’examiner les relevés de compte et les historiques d’opérations tous les jours afin de repérer les paiements non autorisés ou suspects. Le risque peut également être réduit en passant à des solutions de paiement numérique plus sûres lorsque possible.

Il est conseillé aux équipes de comptabilité de toujours conserver des registres des numéros des chèques émis, y compris leurs montants et leurs bénéficiaires, et de vérifier ces renseignements auprès de leur banque.

2. Utiliser un service de vérification de chèques

Les grandes organisations ou celles qui émettent un nombre important de chèques peuvent utiliser des services bancaires comme Appariement des bénéficiaires RBC, qui vérifie automatiquement les renseignements sur les chèques et signale toute incohérence avec ses dossiers internes. Si des renseignements, comme les numéros de série, les noms des bénéficiaires, les dates, les adresses ou les montants, semblent avoir été modifiés, les clients peuvent demander que les chèques soient retournés et émis à nouveau avec les bons renseignements pour assurer un paiement à temps.

3. Envoyer les chèques par courrier recommandé

Si elles envoient des chèques par voie postale, les entreprises peuvent réduire les risques de fraude en optant pour le courrier recommandé, en utilisant un service de messagerie, en déposant les chèques directement au bureau de poste ou en passant aux télévirements.

4. Conserver en toute sécurité les chéquiers et documents connexes

Les entreprises peuvent aussi mieux se protéger en conservant leurs chéquiers sous clé, de même que leurs espèces, leurs relevés bancaires et tout chèque annulé, et en limitant le nombre de personnes ayant accès à ces actifs. Les documents qui ne sont plus requis pour la tenue de dossiers ou à des fins fiscales, comme les chèques annulés ou les anciens relevés, doivent être déchiquetés et éliminés de manière sécurisée.

5. Vérifier vos processus d’émission et de compensation de chèques

Les organisations sont invitées à prendre le temps nécessaire pour évaluer leurs processus d’émission et de compensation de chèques, pour les chèques qu’elles impriment et remettent en interne.

Par exemple, les entreprises n’ayant qu’un unique signataire autorisé peuvent mieux se protéger contre la fraude en imposant une deuxième signature. Elles peuvent également désigner des employés distincts pour la préparation et l’approbation des chèques. Ces deux approches créent une « double autorisation » et réduisent les possibilités qu’une personne puisse commettre une fraude à l’interne. Il est également conseillé d’avoir plus d’une personne responsable de la gestion de trésorerie ou des chèques de l’entreprise et du rapprochement des relevés de compte.

En ce qui concerne le traitement des paiements par chèque, les entreprises sont encouragées à mettre en place un processus de validation interne pour les dépôts importants, de sorte à avoir un processus de rappel à l’acheteur bien défini pour confirmer l’authenticité des chèques d’un certain montant.

6. Investir dans la formation du personnel

Vous pouvez envisager de former les employés à l’interne afin d’aider le personnel responsable des paiements à comprendre comment détecter des chèques frauduleux, contrefaits ou suspects. Ces séances de formation peuvent doter les employés de première ligne des connaissances nécessaires pour savoir les éléments à surveiller, comme les éléments de sécurité et les filigranes, et les renseignements à vérifier avant d’accepter des paiements par chèque, comme les noms et les dates.

7. Passer aux modes de paiement numériques

Vous pouvez décider de remplacer votre chéquier par des modes de paiement numériques et sans contact, comme les opérations Virement Interac, les transferts électroniques de fonds et les télévirements, en fonction de leur compatibilité avec les systèmes comptables de votre entreprise, ainsi qu’avec les clients et les fournisseurs.

En plus de leur commodité et de leur rapidité, les paiements numériques peuvent être plus sûrs que les espèces ou les chèques, grâce aux technologies comme le chiffrement avancé et l’authentification multifacteur, qui peuvent empêcher les accès non autorisés à vos comptes.

Malgré la multiplication des options numériques, le chèque papier traditionnel est loin d’avoir disparu, de même que la fraude sur chèque. Tant que ce mode de paiement reste populaire, et les données indiquent qu’il le restera encore longtemps, les entreprises sont encouragées à prendre ces mesures pour se protéger contre la fraude sur chèque.

Parlez dès maintenant à un directeur relationnel RBC pour en savoir plus sur la façon dont nous pouvons aider votre entreprise à se protéger contre la fraude.

Pour en savoir plus : Comprendre les risques et prendre les mesures nécessaires pour éviter les fraude

Le présent article vise à offrir des renseignements généraux seulement et n’a pas pour objet de fournir des conseils juridiques ou financiers, ni d’autres conseils professionnels. Veuillez consulter un conseiller professionnel en ce qui concerne votre situation particulière. Les renseignements présentés sont réputés être factuels et à jour, mais nous ne garantissons pas leur exactitude et ils ne doivent pas être considérés comme une analyse exhaustive des sujets abordés. Les opinions exprimées reflètent le jugement des auteurs à la date de publication et peuvent changer. La Banque Royale du Canada et ses entités ne font pas la promotion, ni explicitement ni implicitement, des conseils, des avis, des renseignements, des produits ou des services de tiers.

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