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Protection contre les inondations pour les locataires au Canada : ce que vous pouvez faire dès maintenant

Par Banque Royale du Canada

Publié le 20 août 2026 • 13 min de lecture

TLPL

Si vous êtes locataire au Canada, les inondations vous concernent aussi. L’assurance de votre propriétaire couvre peut-être l’immeuble, mais qu’en est-il de vos biens, de vos frais de subsistance et de votre tranquillité d’esprit ? C’est à vous d’y voir. La bonne nouvelle est que vous pouvez prendre plusieurs mesures dès maintenant pour vous préparer, à commencer par évaluer votre niveau de risque.


L’importance du risque d’inondation pour les locataires

Voici un constat dont beaucoup de locataires ne prennent connaissance que lorsqu’il est trop tard : si une inondation endommage vos biens, c’est à vous qu’il incombe de les remplacer. La police d’assurance de votre propriétaire couvre peut-être l’immeuble et ses biens, mais elle ne couvre pas votre ordinateur portable, vos meubles, vos vêtements ni vos souvenirs irremplaçables.

Les inondations comptent parmi les catastrophes naturelles les plus courantes et les plus coûteuses au Canada, et les changements climatiques en augmentent la fréquence. Que vous viviez dans un appartement en sous-sol à Montréal, dans un logement au rez-de-chaussée à Vancouver ou dans une maison louée près d’une rivière à Winnipeg, le risque d’inondation est bien réel.

La bonne nouvelle ? Il n’est pas nécessaire de posséder une propriété pour prendre des mesures pour vous protéger. En posant quelques gestes concrets et en discutant avec les bonnes personnes, vous pouvez vous créer un plan de protection contre les inondations qui vous laissera l’esprit tranquille.

Étape 1 : Évaluer le risque

La première étape est de bien comprendre votre risque d’inondation. Comme les propriétés locatives ne sont pas toutes exposées aux mêmes risques, le fait de bien cerner la situation peut vous aider à prendre les bonnes décisions, qu’il s’agisse du choix du logement ou du niveau de couverture d’assurance à souscrire.

Commencez par vous poser les questions suivantes :

  • Votre logement est-il situé au niveau du sol ou en dessous ? Les logements situés au sous-sol et au rez-de-chaussée sont les plus exposés au risque d’inondation de surface et de refoulement des égouts.

  • La propriété est-elle située près d’une rivière, d’un lac ou d’une zone inondable ? La proximité de l’eau augmente considérablement votre risque.

  • La ville ou le quartier a-t-il déjà été touché par des inondations ? Les cartes locales des zones inondables et les dossiers municipaux peuvent vous en apprendre beaucoup.


Vous pouvez vérifier les risques d’inondation dans une région à l’aide des ressources mises à disposition par le gouvernement provincial ou par Ressources naturelles Canada. En outre, de nombreuses municipalités publient en ligne des cartes des plaines inondables. Des outils et des ressources comme la carte du centre de recherche School of Cities (ce lien mène à un site web dont le contenu est en anglais seulement) de l’Université de Toronto peuvent aussi vous aider à visualiser les risques climatiques dans différentes régions du Canada.

Pourquoi est-ce important ? Connaître votre niveau de risque vous aide à déterminer le montant à investir pour vous préparer, la couverture d’assurance qui vous convient et les questions à poser lorsque vous discutez avec votre propriétaire.

Étape 2 : Choisir la bonne couverture d’assurance

C’est peut-être la chose la plus importante que vous puissiez faire en tant que locataire. L’assurance de votre propriétaire ne couvre pas vos effets personnels. C’est aussi simple que cela.

Ce que couvre généralement une police d’assurance locataire standard :

  • Contenu : Réparation ou remplacement de vos effets personnels

  • Frais de subsistance supplémentaires : Frais de location ou d’hébergement à l’hôtel si vous êtes contraint de quitter votre logement

  • Responsabilité civile : Protection en cas de blessure d’une personne dans votre logement

Ce que vous pourriez devoir ajouter :

Les polices d’assurance locataire standard ne couvrent pas toujours les dommages causés par les inondations par défaut. Consultez un professionnel de l’assurance pour en savoir plus sur les ajouts suivants :

  • Couverture contre les inondations de surface : Cette couverture inclut généralement les dommages causés par l’eau qui pénètre dans votre logement depuis l’extérieur, notamment en cas de fortes pluies, de débordement de rivières ou de fonte rapide des neiges.

  • Couverture en cas de refoulement d’égout : Cette couverture prend en charge les dommages causés par le refoulement d’eau par les drains et les toilettes, un scénario d’inondation plutôt courant en milieu urbain.


Assurez-vous de bien comprendre la différence entre ces deux types de couverture. Elles offrent une protection contre différentes causes de dégâts d’eau, et le fait de disposer des deux vous procure une protection optimale.

L’assurance locataire est généralement abordable puisqu’elle ne coûte souvent que quelques dollars par jour. La protection financière qu’elle offre peut être considérable. Considérez cela comme un gage de tranquillité d’esprit même pendant les orages les plus intenses.

Étape 3 : Discuter avec votre propriétaire

Votre propriétaire a l’obligation d’entretenir l’immeuble, ce qui inclut les systèmes de protection contre les inondations. Vous devez tous les deux être sur la même longueur d’onde quant à ce que cela englobe. N’attendez pas que l’eau arrive sur le pas de votre porte pour entamer la discussion.

Questions à poser à votre propriétaire dès maintenant :

  • « Quel est l’historique des inondations dans ce secteur et pour cet immeuble ? » Un bon propriétaire le saura. Si ce n’est pas le cas, vous devrez faire vos propres recherches.

  • « Est-ce que l’immeuble a déjà été frappé par une inondation ? Quelle était la cause ? » L’analyse des incidents passés vous aidera à déterminer les systèmes déjà en place et les lacunes toujours présentes.

  • « Quelles mesures de protection contre les inondations sont actuellement en place ? » Informez-vous en particulier sur les pompes de puisard, les clapets anti-retour, le réseau de drainage et les couvre-margelles.

  • « Qui est responsable de quoi – avant, pendant et après une inondation ? » Si possible, obtenez un document écrit décrivant les rôles.


Faites attention de ne pas glisser vers une discussion conflictuelle. Il s’agit d’une mesure pratique qui est nécessaire à la tranquillité d’esprit de chacun. Un propriétaire qui prend au sérieux la protection contre les inondations sera ravi de répondre à ces questions.

Les responsabilités de votre propriétaire

Même si vous pouvez vous charger vous-même de certaines petites tâches d’entretien et mesures préventives, certaines responsabilités en matière de protection contre les inondations incombent tout de même à votre propriétaire. Vous avez tout à fait le droit d’exiger que les installations soient entretenues comme il se doit.

Votre propriétaire est généralement responsable de ce qui suit :

  • Entretien des pompes de puisard : Une pompe de puisard peut se boucher et tomber en panne si elle ne fait pas l’objet d’inspections régulières. Demandez à votre propriétaire à quand remonte le dernier entretien de la pompe de puisard et si celle-ci est équipée d’une batterie de secours en cas de panne d’électricité.

  • Entretien du clapet anti-retour : Un clapet anti-retour empêche les eaux usées de remonter dans votre logement en cas de fortes pluies. C’est au propriétaire de l’immeuble qu’il incombe de l’installer et d’en assurer l’entretien.

  • Gouttières : Les gouttières bouchées constituent l’une des causes les plus courantes d’infiltration d’eau. Votre propriétaire doit les nettoyer régulièrement, surtout à l’automne, et éliminer les blocs de glace qui s’y forment en hiver.

  • Intégrité des fondations et du système de drainage : Un nivellement adéquat autour de l’immeuble permet d’éloigner l’eau des fondations. Les fissures, les fuites ou les accumulations d’eau autour de l’extérieur doivent être signalées et corrigées sans délai.

  • État des électroménagers : Si l’immeuble est équipé d’électroménagers comme des machines à laver, des lave-vaisselle ou des chauffe-eau, votre propriétaire est tenu de veiller à ce qu’ils ne présentent pas de fuites et qu’ils fonctionnent correctement.


Si vous constatez que l’un de ces systèmes ne fonctionne pas ou a été négligé, faites part de vos préoccupations par écrit à votre propriétaire. La plupart des provinces ont adopté des lois sur la protection des locataires qui obligent les propriétaires à maintenir leurs immeubles dans un état habitable, et la protection contre les inondations en fait partie. Si vos demandes restent sans réponse et que le risque est important, communiquez avec l’organisme provincial chargé de la protection des locataires.

Étape 4 : Prendre en charge de petites tâches d’entretien

Il n’est pas nécessaire d’être propriétaire de la propriété pour prendre des mesures concrètes. Il existe plusieurs mesures simples et peu coûteuses que vous pouvez prendre dès maintenant pour réduire votre risque d’inondation.

Garder les fenêtres du sous-sol propres et en bon état

Si vous avez des fenêtres au sous-sol, vérifiez que les joints sont en bon état et que les margelles ne sont pas encombrées de débris ou d’eau. Une margelle obstruée peut faire s’écouler l’eau directement dans votre logement en cas de fortes pluies.

Installer une alarme d’inondation

Une mesure simple et peu coûteuse que vous pouvez prendre consiste à installer un détecteur d’eau dans votre logement, notamment près des électroménagers, sous les éviers ou dans n’importe quelle pièce du sous-sol. Ces petits dispositifs, que l’on trouve dans la plupart des quincailleries, détectent l’humidité et vous alertent avant qu’une petite fuite ne se transforme en inondation majeure. En gros, ce sont des détecteurs de fumée, mais pour l’eau.

Mettre ses effets personnels à l’abri du danger

Si vous avez des objets entreposés à même le plancher dans un sous-sol ou un espace de rangement, pensez à les surélever sur des tablettes ou à les déplacer vers un endroit plus élevé. Quelques pouces d’espace libre peuvent tout changer entre une boîte de photos bien au sec et une même boîte abîmée.

Surveiller les bassins collecteurs près de votre logement

Les bassins collecteurs, qui sont repérables aux grilles métalliques qui les recouvrent sur les routes et dans les stationnements, contribuent à la gestion des eaux pluviales. Si vous remarquez qu’une de ces grilles est obstruée par des feuilles, de la saleté ou des débris, signalez-le à votre municipalité ou au gestionnaire de l’immeuble. Une grille de bassin collecteur obstrué peut entraîner des inondations localisées pouvant toucher votre logement.

Déblayer la neige et la glace autour de votre logement

En hiver, les accumulations de neige et de glace près des fenêtres de sous-sol, des drains et des entrées peuvent fondre rapidement et faire pénétrer de l’eau dans votre logement. Le déblayage de la neige autour des margelles et le dégagement des voies d’accès aux égouts sont des gestes que vous pouvez accomplir vous-même et qui peuvent vraiment vous éviter de mauvaises surprises.

En conclusion

Il n’est pas nécessaire d’être propriétaire d’une maison pour prendre au sérieux la protection contre les inondations. En tant que locataire au Canada, vous disposez de moyens concrets pour réduire votre risque grâce à des discussions constructives avec votre propriétaire, à quelques habitudes simples d’entretien et à une couverture d’assurance adaptée.

Commencez dès aujourd’hui par relire votre bail, vérifier votre police d’assurance et prendre rendez-vous avec votre propriétaire pour en discuter.

FAQ

Non. Dans la plupart des cas, l’assurance de votre propriétaire couvre l’immeuble et ses biens, mais pas vos effets personnels. Vous devrez souscrire votre propre assurance locataire, comprenant notamment une couverture contre les inondations de surface et/ou les refoulements d’égouts, afin de protéger vos biens.

Votre propriétaire est généralement responsable de l’entretien des systèmes de protection contre les inondations de l’immeuble, comme les pompes de puisard, les clapets anti-retour, les gouttières, le réseau de drainage, ainsi que de l’intégrité structurelle de l’immeuble. Si ces systèmes ne sont pas entretenus et provoquent des dommages causés par une inondation, votre propriétaire pourrait en être tenu responsable. Conservez toutes les preuves possibles et consultez l’organisme provincial chargé de la protection des locataires au besoin.

Une inondation de surface se produit lorsque de l’eau provenant de l’extérieur – pluie, rivières ou fonte des neiges – pénètre dans votre logement par les portes, les fenêtres ou les points les plus bas. Un refoulement d’égout se produit lorsque le réseau d’égouts municipal est saturé et que l’eau remonte dans vos canalisations. Ces deux situations constituent des scénarios d’inondation courants au Canada et nécessitent des options de couverture d’assurance distinctes.

Commencez par lui faire part de vos préoccupations par écrit et conservez-en une copie. Si le problème n’est toujours pas réglé et qu’il présente un risque réel, communiquez avec l’organisme provincial de protection des locataires ou une organisation de défense des droits des locataires. La plupart des provinces ont mis en place des mécanismes permettant aux locataires de demander une inspection ou des travaux d’entretien de leur logement.

Consultez le site Web de votre municipalité pour y trouver les cartes des zones inondables. Vous pouvez aussi vous renseigner auprès de votre propriétaire sur les antécédents de l’immeuble en matière d’inondations et demander à vos voisins s’ils ont déjà vécu ce genre de situation.

Au Canada, une assurance locataire coûte généralement entre 15 $ et 50 $ par mois, selon la valeur de vos biens, le lieu de votre logement et les options de couverture que vous choisissez. Si l’ajout d’une couverture contre les inondations de surface et les refoulements d’égouts entraîne une légère augmentation de votre prime, il vous apportera sans contredit une tranquillité d’esprit accrue. Consultez un professionnel de l’assurance pour trouver la solution qui vous convient.

Le présent article vise à offrir des renseignements généraux seulement et n’a pas pour objet de fournir des conseils juridiques ou financiers, ni d’autres conseils professionnels. Veuillez consulter un conseiller professionnel en ce qui concerne votre situation particulière. Les renseignements présentés sont réputés être factuels et à jour, mais nous ne garantissons pas leur exactitude et ils ne doivent pas être considérés comme une analyse exhaustive des sujets abordés. Les opinions exprimées reflètent le jugement des auteurs à la date de publication et peuvent changer. La Banque Royale du Canada et ses entités ne font pas la promotion, ni explicitement ni implicitement, des conseils, des avis, des renseignements, des produits ou des services de tiers.

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