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AKM Law : un cabinet fondé sur des valeurs

By Banque Royale du Canada

Published 16 mars 2026 • 9 min de lecture

TLPL

  • Aminder Kaur Mangat a fondé AKM Law pour remettre en question la culture juridique traditionnelle et bâtir un cabinet d’immigration centré sur les personnes.

  • Elle privilégie la qualité plutôt que le volume, la collaboration plutôt que la hiérarchie, et les valeurs plutôt qu’une croissance rapide.

  • En favorisant l’autonomie et la représentation, elle a constitué une équipe autonome qui prospère — même lorsqu’elle prend du recul.

  • Son conseil aux entrepreneurs : définir clairement votre mandat, protéger vos valeurs, et croître d’une manière qui renforce — et non dilue — votre raison d’être.

Lorsque Aminder Kaur Mangat effectuait son stage en litige civil, le droit de l’immigration ne faisait pas partie de ses projets. Mais, comme elle le dit elle-même : « Lorsqu’on est stagiaire, on fait ce qu’on nous demande. »

Ainsi, lorsque son maître de stage lui a confié un dossier de contrôle de détention, elle l’a pris en charge. Ce qui a suivi a changé la trajectoire de sa carrière.

Contrairement au litige civil, où les différends portent souvent sur des enjeux financiers, les dossiers de détention en immigration touchent à la liberté, à la séparation des familles et à des avenirs incertains. Elle a été interpellée par l’impact profondément humain de ce travail.

« Ces personnes comptent parmi les plus vulnérables au Canada, explique-t-elle. J’ai trouvé ce travail extrêmement gratifiant. »

Elle est rapidement devenue une défenseure déterminée des immigrants détenus, remettant en question des pratiques de longue date. Dans l’une de ses premières causes, elle a plaidé en faveur de l’utilisation d’un dispositif de surveillance GPS comme solution de rechange à la détention, s’interrogeant sur les raisons pour lesquelles cette option, utilisée ailleurs dans le système de justice, n’était pas offerte dans les procédures d’immigration. Alors qu’elle était encore stagiaire, elle est devenue l’une des premières à obtenir la libération d’un client sur cette base — établissant un nouveau précédent et changeant des vies du même coup.

Cette volonté de remettre en question ce qui « s’est toujours fait » allait plus tard façonner non seulement sa pratique, mais aussi sa manière de bâtir une entreprise.

Finaliste au Prix canadien de l’entrepreneuriat féminin RBC, Mme Mangat a été reconnue pour avoir créé un cabinet où la qualité prime sur le volume, où les clients sont véritablement écoutés, et où des avocats de tous horizons ont toute liberté d’exercer un leadership sans obstacles.

Vision différente de la pratique du droit

Avant de fonder AKM Law en 2017, Mme Mangat a travaillé aux côtés d’avocats chevronnés au sein de cabinets bien établis. Ce qu’elle y a observé : une culture où les longues heures étaient considérées comme un rite de passage. Des semaines de travail de 60 à 80 heures étaient la norme, l’épuisement professionnel presque inévitable, et les décisions souvent guidées par le volume de dossiers et les heures facturables.

« Cette culture de l’épuisement professionnel m’a toujours semblé problématique, dit-elle. Travailler plus d’heures ne rend pas automatiquement le travail meilleur. »

Elle trouvait également les hiérarchies rigides à courte vue. L’ancienneté déterminait souvent quelles idées étaient prises au sérieux — plutôt que leur qualité. Il ne s’agissait pas toujours d’une véritable équipe travaillant vers un objectif commun. 

« Je voulais bâtir quelque chose à moi et rassembler autour de moi des personnes qui partagent les mêmes valeurs, explique-t-elle. Faire un travail de qualité, collaborer et faire progresser les droits des clients de manière plus efficace. »

Bâtir une équipe autour de valeurs communes

Dès le départ, Mme Mangat a porté une attention particulière aux personnes qui rejoignent son équipe. Sa première parajuriste travaille toujours avec elle aujourd’hui — un reflet de la culture qu’elle a su instaurer.

Comment trouve-t-elle les bonnes personnes ? Elle recherche d’abord un alignement de valeurs. « Si vous cherchez un cabinet de type Bay Street, plus rigide et très structuré, vous ne le trouverez pas ici », dit-elle.

Ses entrevues suivent rarement un scénario précis. Plutôt que de poser des questions standardisées, elle privilégie la conversation — sur les compétences, bien sûr, mais aussi sur les passions. Lorsque les échanges évoluent naturellement vers des sujets comme les politiques d’immigration, la défense des clients ou les lacunes systémiques, elle y prête une attention particulière.

« Je peux voir où se dirige leur énergie, explique-t-elle. Cela m’en dit long. »

Au fil des ans, Mme Mangat a ainsi bâti une équipe engagée et collaborative — une équipe qui croit autant qu’elle en la mission du cabinet.

Créer un cabinet autonome

Cette culture est devenue particulièrement cruciale en 2023, lorsque Mme Mangat s’est retirée du quotidien du cabinet après la naissance de son enfant. « C’était effrayant, admet-elle. Quand on a l’impression que tout repose essentiellement sur soi-même, prendre du recul peut être difficile. »

À ce moment-là, le cabinet faisait face à un roulement de personnel et à un autre congé de maternité. Ce fut donc un véritable test de résilience.

En fait, le cabinet a continué de prospérer.

« C’est alors que j’ai compris que beaucoup de choses n’avaient plus besoin de passer par moi, explique-t-elle. L’équipe avait la situation bien en main. »

Plutôt que de tout centraliser, les membres se sont appuyés les uns sur les autres. La communication s’est améliorée, la responsabilisation a augmenté et les systèmes que j’avais mis en place ont tenu bon.

Cette expérience a profondément changé la vision du leadership de Mme Mangat. Libérée des tâches opérationnelles, elle a pu se concentrer sur la croissance stratégique des affaires du cabinet, lequel était devenu plus fort parce qu’elle avait créé quelque chose qui pouvait fonctionner en toute autonomie.

Promouvoir la diversité et la représentation dans le droit

Dès le départ, Mme Mangat souhaitait établir un cabinet où les femmes racisées puissent s’épanouir.

Elle se souvient s’être présentée à la Cour d’appel en tant que stagiaire et avoir constaté que toutes les personnes présentes — du juge aux avocats — étaient des hommes blancs. Elle était la seule femme, et la seule femme de couleur.

« Je me suis dit qu’il fallait que je trouve un endroit où davantage de personnes comme moi soient représentées », raconte-t-elle. Aujourd’hui, elle bâtit justement cet espace.

Mme Mangat sait que certaines portes se ferment aux personnes en raison de leur nom, de leur accent ou de leur apparence. Des membres de son équipe lui ont confié ne pas avoir obtenu d’entrevues parce qu’elles portaient un hijab ou avaient des noms peu familiers.

À AKM Law, c’est tout le contraire. Elle reconnaît que lorsque des personnes issues de milieux divers s’épanouissent au sein du cabinet, les clients en tirent directement profit. Beaucoup ressentent un soulagement immédiat lorsqu’ils peuvent parler en ourdou, mandarin ou espagnol, ou simplement se voir reflétés dans leur avocat.

« Vous n’imaginez pas à quel point les gens se sentent soulagés, dit-elle, lorsqu’ils savent qu’ils seront compris. »

Pour Mme Mangat, la représentation n’est pas seulement symbolique — elle est pratique, porteuse de pouvoir et directement liée à de meilleurs résultats.

Croître tout en restant fidèle à sa mission

AKM Law a connu une croissance continue au fil des ans, mais la définition de la croissance selon Mme Mangat diffère peut-être de celle d’autres entrepreneurs.

Elle n’a jamais fixé d’objectifs d’expansion sur cinq ans ni élaboré de plans de croissance agressifs. Elle a plutôt commencé modestement et a avancé jour après jour, semaine après semaine.

« La croissance ne signifie pas la même chose pour tous, explique-t-elle. Pour moi, il s’agit de développer mon expertise afin d’offrir un meilleur service — et de faire grandir l’équipe pour élargir l’accès à la justice. »

Elle sait que la quête de croissance peut facilement diluer la raison d’être d’une entreprise. « Il faut connaître son mandat — ce que l’on veut accomplir et comment on veut le faire — et avoir la conviction suffisante pour rester fidèle à cette vision, dit-elle. Sinon, on risque de perdre le cap. »

Aux entrepreneurs souhaitant bâtir des entreprises guidées par des valeurs, Mme Mangat offre ces conseils :

  • Définissez clairement votre mandat. Sachez ce que vous défendez et ce sur quoi vous ne transigerez pas.

  • Faites en sorte que la croissance serve la mission, et non qu’elle la remplace.

  • Recrutez selon les valeurs partagées, et non uniquement selon les qualifications.

  • Entourez-vous de personnes qui soutiennent et élèvent la vision.

  • Considérez les revers comme des leçons, et non comme des échecs. Ce sont des occasions de peaufiner et d’adapter votre approche.

  • Souvenez-vous que le leadership, c’est la persistance, pas la perfection.

Elle est convaincue qu’un petit cabinet peut avoir un impact considérable, tant qu’il reste fidèle à sa mission.

« Si vous perdez de vue ce que vous construisez, vous ne serez pas satisfait de ce que vous avez accompli », dit-elle.

Finaliste des Prix canadiens de l’entrepreneuriat féminin RBC, Mme Mangat a été reconnue non seulement pour son excellence juridique, mais aussi pour son leadership — pour avoir ouvert des occasions aux femmes de couleur, défendu ses clients avec détermination, et démontré qu’un modèle d’entreprise centré sur les valeurs peut prospérer dans un secteur concurrentiel.

Le présent article vise à offrir des renseignements généraux seulement et n’a pas pour objet de fournir des conseils juridiques ou financiers, ni d’autres conseils professionnels. Veuillez consulter un conseiller professionnel en ce qui concerne votre situation particulière. Les renseignements présentés sont réputés être factuels et à jour, mais nous ne garantissons pas leur exactitude et ils ne doivent pas être considérés comme une analyse exhaustive des sujets abordés. Les opinions exprimées reflètent le jugement des auteurs à la date de publication et peuvent changer. La Banque Royale du Canada et ses entités ne font pas la promotion, ni explicitement ni implicitement, des conseils, des avis, des renseignements, des produits ou des services de tiers.

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