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Marie-Astrid Dubant : Transformer des idées audacieuses en retombées durables

By Banque Royale du Canada

Published 16 mars 2026 • 10 min de lecture

TLPL

  • L’esprit d’entrepreneuriat de Marie-Astrid Dubant l’a aidée à mettre sur pied des programmes, des fondations et des partenariats à partir de rien.

  • À CyberCap, elle a amassé 600 000 $ pour lancer une formation sur l’IA et la cybersécurité à l’intention des jeunes décrocheurs.

  • Sa volonté d’aller là où l’on ne l’y attendait pas a contribué à attirer l’attention du monde sur le travail de l’organisation.

  • Finaliste aux Prix canadiens de l’entrepreneuriat féminin RBC, elle encourage les autres femmes entrepreneures à se fier à leur instinct, à demander de l’aide et à ne pas perdre de vue leur objectif.

Qu’il s’agisse de lancer des entreprises au début de la vingtaine ou de transformer l’accès des jeunes issus de milieux mal desservis aux technologies, Marie-Astrid Dubant a bâti sa carrière sur une philosophie profondément ancrée en elle : prendre des risques, se concentrer sur son objectif et ne pas attendre la permission de changer les choses.

Aujourd’hui, Mme Dubant est cheffe, Avancement, au Centre canadien d’architecture de Montréal. Avant cela, elle a contribué à façonner l’avenir de CyberCap, un organisme sans but lucratif qui aide les jeunes à acquérir des aptitudes numériques et en cybersécurité. Dans tous les rôles qu’elle a occupés, un thème récurrent chez elle est sa volonté d’aller là où on ne l’y attend pas nécessairement et de bâtir quelque chose de pertinent.

Des risques pris dès le départ et la capacité de se réinventer ont façonné le parcours entrepreneurial de Mme Dubant

Mme Dubant a grandi en France dans une famille où l’entrepreneuriat faisait partie du quotidien. Ses grands-parents ont fondé une entreprise dans l’industrie du sport et son père était aussi entrepreneur.

« J’étais entourée de gens qui n’avaient pas peur de prendre des risques », confie-t-elle.

À 14 ans, elle a quitté la maison pour étudier en hôtellerie, un domaine qui faisait appel à son désir de servir et d’aider les autres. À 15 ans, elle travaillait déjà dans des hôtels et des restaurants en été, acquérant une expérience qui allait définir son style de leadership.

Cependant, l’école n’était pas facile. Mme Dubant souffrait de dyslexie et ne se sentait pas souvent à sa place dans les salles de classe traditionnelles. Une enseignante lui a même dit qu’elle ne pourrait jamais parler anglais. « Pendant longtemps, j’ai cru que je ne réussirais pas dans la vie », se souvient-elle.

Au lieu de la décourager, ces expériences l’ont poussée à tracer sa propre voie.

À 21 ans, elle a ouvert un café à Vancouver avec un partenaire. Cette entreprise a rapidement échoué, et lui a coûté tout ce qu’elle avait investi. « C’était une catastrophe, dit-elle avec un sourire. Mais c’est comme ça qu’on apprend. »

D’autres projets se sont succédé, notamment une entreprise événementielle qui organisait des centaines de mariages chaque année. Comme elle se déplaçait d’un pays à l’autre, notamment au Canada et en France, elle a souvent dû rebâtir sa carrière à partir de rien.

Chaque réinvention l’a rapprochée du travail qui allait définir son parcours futur.

Une occasion fortuite a révélé un talent naturel pour la collecte de fonds

La transition de Mme Dubant vers la philanthropie s’est faite de manière inattendue.

Après s’être jointe à une organisation qui lui avait demandé de participer à une collecte de fonds, elle a rapidement découvert qu’elle avait une rare capacité à soutenir les causes qui lui tenaient à cœur. Lors de sa première rencontre avec un donateur, elle a obtenu un important don, ce qui est inhabituel pour une personne qui occupe ce poste depuis peu. Ce moment l’a propulsée dans une toute nouvelle direction.

Mme Dubant a alors suivi une formation officielle sur la collecte de fonds à la Lilly School of Philanthropy aux États-Unis, où elle s’est familiarisée avec la stratégie et la rigueur qui sous-tendent ce qu’elle décrit comme une aptitude puissante, mais souvent mal comprise.

« La collecte de fonds consiste à aider les gens à investir dans ce qui les touche au plus profond de leur âme », dit-elle.

Au fil des ans, elle s’est fait connaître pour mettre sur pied de bout en bout des programmes et des services, qu’il s’agisse de lancer la division philanthropique d’une organisation médiatique ou de créer une nouvelle fondation pour le YWCA au Québec. Mais son œuvre la plus transformatrice était encore à venir.

Combiner esprit d’entrepreneuriat et impact social au sein de CyberCap

Lorsque Mme Dubant s’est jointe à CyberCap, l’OSBL se trouvait à un moment charnière. L’un de ses programmes risquait d’être fermé, et le financement des organismes sans but lucratif du Québec était difficile.

La mission de l’organisme, soit soutenir les jeunes décrocheurs, l’a profondément interpellée. « Ces jeunes se faisaient dire qu’ils n’étaient pas assez bons, dit-elle. Je savais exactement comment ils se sentaient. »

Étant elle-même mère d’enfants d’âge scolaire, ce travail avait une signification encore plus concrète. Après tout, le monde numérique dans lequel naviguaient ces étudiants façonnerait également l’avenir de ses propres enfants. Cette perspective a renforcé sa détermination à veiller à ce que les jeunes, en particulier ceux qui peinent dans les systèmes traditionnels, aient tout de même des occasions de réussir.

Puisant dans son esprit d’entrepreneuriat, Mme Dubant a entrepris de réinventer l’offre de CyberCap.

En quelques mois, elle a amassé 600 000 $ pour lancer un nouveau programme qui enseigne aux jeunes qui ont quitté le système scolaire traditionnel la cybersécurité et l’intelligence artificielle – des aptitudes qui pourraient ouvrir des portes vers des carrières stables et bien rémunérées. Elle a également élargi l’action de l’organisme auprès des écoles du Québec en offrant un programme pratique de littératie numérique directement dans les salles de classe.

En moins de deux ans, les programmes de CyberCap ont été étendus à plus d’une douzaine de régions du Québec, y compris des petites villes et des petites collectivités qui manquaient généralement de ce type de formation de pointe.

Mais Mme Dubant ne s’est pas arrêtée là, et a dit « oui » à chaque occasion, même quand elle l’appréhendait. Elle s’est jointe à des forums internationaux sur l’IA et la cybersécurité, a lancé un balado pour faire entendre les voix du monde entier, et a plaidé en faveur de l’inclusion des points de vue des organismes sans but lucratif et des jeunes dans des espaces généralement dominés par les grandes entreprises.

« Je suis allée là où on ne m’attendait pas, dit-elle. Mais c’est comme ça qu’on a fait connaître CyberCap. »

Façonner l’avenir : un nouveau chapitre au Centre canadien d’architecture

Après avoir aidé CyberCap à obtenir du financement et lui avoir donné de l’élan pour les années à venir, Mme Dubant a pris une autre décision audacieuse. Elle est partie.

« Ça a été un deuil pour moi, dit-elle en ce qui concerne ce choix difficile. Mais je suis une entrepreneure. Mon rôle consiste souvent à bâtir quelque chose, à lui donner vie et à le transmettre à d’autres. »

Son défi suivant a consisté à se joindre au Centre canadien d’architecture en tant que cheffe de l’avancement, un nouveau rôle responsable de la collecte de fonds et des partenariats.

À première vue, l’architecture peut sembler très éloignée de ses réalisations antérieures. Mais Mme Dubant voit les choses différemment.

« L’architecture façonne notre façon de vivre, explique-t-elle. Elle a une incidence sur la façon dont les collectivités se réunissent, sur le fonctionnement des villes et même sur la santé des gens. »

Une fois de plus, elle innove en créant la stratégie d’avancement de l’organisation et en augmentant sa capacité à mobiliser des sympathisants du monde entier.

En plus de ce travail, Mme Dubant relève un défi personnel : écrire un livre sur la collecte de fonds. L’objectif est de rendre la discipline plus pratique et accessible pour les organismes sans but lucratif et les entrepreneurs sociaux qui cherchent à générer des retombées durables.

Les conseils de Mme Dubant aux femmes entrepreneures

À chaque étape de son parcours, Mme Dubant a fait face à l’incertitude, à la critique et à des moments de doute. Ses conseils aux femmes qui cherchent à changer les choses sont pratiques et durement acquis :

  • Fiez-vous à votre instinct. Les entrepreneurs remettent souvent en question leur intuition, explique-t-elle. Toutefois, cette voix intérieure peut s’avérer un guide puissant.

  • Choisissez bien les conseils que vous suivez. « Trop de gens ont des opinions, dit-elle. Écoutez ceux qui se soucient vraiment de votre croissance. »

  • Attendez-vous à des difficultés croissantes. Les défis ne sont pas des signes d’échec. Ils montrent plutôt que vous évoluez. « Si vous faites face à des difficultés, c’est que vous progressez », dit-elle.

  • Demandez de l’aide. Avoir du leadership ne signifie pas avoir réponse à tout. Mme Dubant continue de compter sur des mentors et des conseillers de confiance. « N’hésitez pas à dire “Je ne sais pas” », dit-elle.

  • Ne perdez pas de vue votre objectif. Mme Dubant n’a jamais douté de la raison de tout ce qu’elle fait. « Je sais très bien pourquoi je suis ici », dit-elle.

Un moment de reconnaissance et un rappel de persévérer

Lorsque Mme Dubant a été nommée finaliste des Prix canadiens de l’entrepreneuriat féminin RBC, cette reconnaissance avait une profonde signification personnelle. Pour une femme qui croyait autrefois ne pas pouvoir réussir, elle a considéré ce moment comme une validation, non seulement de son travail, mais aussi du parcours qui l’avait menée jusque-là.

« J’ai pleuré, admet-elle. Et je ne pleure jamais. J’ai eu l’impression que la vie me confirmait que j’avais réussi. »

Elle conserve à son bureau son porte-nom du gala, auquel elle jette régulièrement un œil. Il lui rappelle ce qui est possible. « Il est dans mon tiroir. En cas de doute, il me convainc que je suis capable. Il agit comme une motivation supplémentaire. Cela a été une grande leçon d’humilité et l’une des meilleures expériences de ma vie. »

Elle espère que son histoire trouvera écho chez au moins une personne.

« Je vous promets que si vous m’aviez vue quand j’étais jeune, vous ne m’auriez pas imaginée ici aujourd’hui, dit-elle. Pour tous ceux qui ont le même sentiment, persévérez, écoutez votre voix intérieure et ne perdez pas de vue votre objectif. Vous trouverez votre voie. Et une fois que vous l’aurez trouvée, rien ne pourra vous arrêter. »

Le présent article vise à offrir des renseignements généraux seulement et n’a pas pour objet de fournir des conseils juridiques ou financiers, ni d’autres conseils professionnels. Veuillez consulter un conseiller professionnel en ce qui concerne votre situation particulière. Les renseignements présentés sont réputés être factuels et à jour, mais nous ne garantissons pas leur exactitude et ils ne doivent pas être considérés comme une analyse exhaustive des sujets abordés. Les opinions exprimées reflètent le jugement des auteurs à la date de publication et peuvent changer. La Banque Royale du Canada et ses entités ne font pas la promotion, ni explicitement ni implicitement, des conseils, des avis, des renseignements, des produits ou des services de tiers.

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