En bref
Le taux de change est l’aspect le plus manifeste de la gestion des opérations de change, mais pas seulement en ce qui a trait aux facteurs qui influencent le coût. La voie qu’emprunte un paiement détermine le montant à destination et à quel moment il y parvient.
L’exposition au risque de change se présente sous trois formes : la fluctuation, la dévaluation et la concentration. La concentration représente le risque de recourir à une seule approche.
Les outils, comme les contrats à terme, les taux en temps réel et les comptes en devises, permettent de gérer le risque différemment et fonctionnent mieux lorsqu’ils sont combinés.
Les décisions de change concernent souvent la gestion de trésorerie, le crédit et le sourçage, et c’est là que les conseils de spécialistes en gestion de trésorerie entrent en jeu.
Dans notre série sur la gestion de trésorerie, RBC s’entretient avec des entreprises canadiennes et les spécialistes qui les conseillent sur la façon dont l’argent circule dans le cadre d’une opération de trésorerie modernisée.
Une entreprise n’a pas besoin d’être un grand exportateur pour être exposée au risque de change. Le sourçage de composantes à l’étranger, la facturation à un client américain en dollars américains ou le paiement d’un abonnement de l’autre côté de la frontière exposent les entreprises canadiennes à des taux de change sur lesquels elles n’ont aucun contrôle.
Pour certaines, cette exposition demeure modeste et gérable. Toutefois, pour celles qui mènent passablement d’activités transfrontières, les devises sont passées ces dernières années d’une préoccupation de trésorerie secondaire à un déterminant direct du rendement financier. Avec les relations commerciales changeantes, prévoir la conjoncture est beaucoup plus difficile et les marges déjà sous pression offrent moins de latitude pour absorber un taux défavorable.
Quoi qu’il en soit, les opérations de change méritent d’être gérées activement plutôt que d’être absorbées comme coût d’exploitation. Et bien que les taux de change soient l’essentiel de la gestion des devises, ils ne représentent qu’une partie du processus. Planifier le risque de change, s’assurer que les paiements en devises arrivent à temps et réduire au minimum les frais en cours de route ont une incidence sur le coût total de mener des affaires dans une autre devise.
La bonne nouvelle pour les équipes des finances, c’est que la technologie des paiements et l’obligation de déclaration ont considérablement progressé, permettant aux entreprises d’obtenir plus d’information et de contrôler davantage de facteurs qu’il y a cinq ans. Les outils existent, tout comme l’expertise – il s’agit essentiellement de savoir ce qui est disponible et de pouvoir compter sur les bonnes personnes pour vous aider à les mettre en œuvre.
Le risque de change : ce qu’il faut surveiller et gérer
Les données sur le rendement des devises ne manquent pas et il existe de nombreuses façons d’étudier les fluctuations d’une devise au fil du temps. Mais rien ne vous dit à combien s’établira le taux au prochain trimestre.
En effet, la valeur des devises réagit à un vaste éventail de paramètres. Les données économiques, les décisions des banques centrales, les prix des produits de base, l’évolution des échanges commerciaux et les événements politiques sont autant de facteurs qui influent sur l’évaluation d’une devise. Par ailleurs, elles ne fluctuent absolument pas de façon coordonnée.
« Les trésoriers et les entreprises que nous servons peuvent surveiller certains facteurs de marché pour avoir une idée de ce qui pourrait influer sur la valeur des devises, explique Geoff Noftall, chef, Paiements internationaux et opérations de change, Solutions de gestion de trésorerie à RBC. Mais l’équation est loin d’être facilement résolue. »
Plutôt que de tenter de prédire l’évolution des taux, l’objectif est de comprendre quels facteurs observables pourraient influencer votre exposition et de mettre en place un plan pour la gérer.
Les indicateurs qui contribuent à orienter la prise de décision
Bien qu’il soit impossible de prévoir le mouvement des devises, on peut observer les facteurs qui l’influencent. La plupart sont importants pour la même raison : ils signalent l’orientation des taux d’intérêt. Des taux plus élevés ont tendance à attirer des capitaux, ce qui renforce une devise.
Voici quelques exemples d’indicateurs à suivre :
Décisions de taux et prévisions des banques centrales. Les annonces de la Banque du Canada et de la Réserve fédérale américaine sont les événements programmés les plus importants pour le dollar canadien. Les prévisions concernant l’orientation future de la politique sont souvent aussi importantes que la décision elle-même.
Données sur l’inflation. Les données sur l’indice des prix à la consommation influencent directement les attentes d’orientation des taux.
Données sur l’emploi. L’Enquête sur la population active de Statistique Canada et les données sur l’emploi non agricole aux États-Unis font toutes deux l’objet d’un suivi rigoureux.
Données sur la croissance. Données trimestrielles sur le PIB et révisions des données antérieures.
Prix des produits de base, particulièrement du pétrole brut. Le dollar canadien est depuis longtemps sensible aux prix des produits de base. Par conséquent, les fluctuations sur les marchés de l’énergie peuvent influencer la devise indépendamment des données économiques canadiennes.
Puisqu’une part importante des exportations canadiennes est toujours destinée aux États-Unis, les données américaines peuvent autant influer sur le dollar canadien que les données nationales. Il vaut donc la peine de suivre de près les données publiées à la fois aux États-Unis et au Canada.
Outre ces indicateurs programmés, plusieurs facteurs qui ne le sont pas peuvent influencer le mouvement des devises, notamment l’évolution des politiques commerciales, les événements politiques et les soubresauts de la confiance des marchés. Ces événements entraînent souvent les mouvements les plus marqués et sont généralement les moins prévisibles. Rester au fait de l’actualité peut certes aider, mais comme on ne peut prévoir les mouvements des devises les plus importants, il faut gérer l’exposition au risque plutôt que d’anticiper le marché.
Pour l’analyse continue du dollar canadien et des conditions qui l’influencent, Services économiques RBC publie régulièrement des commentaires et des perspectives.
Trois risques à gérer
L’exposition au risque de change se présente sous trois formes. Une entreprise peut être bien protégée contre un, tout en étant pleinement exposée à un autre.
La fluctuation est un mouvement bidirectionnel permanent. Un taux qui varie entre le jour où le prix d’un contrat est établi et celui où le paiement est effectué modifie le coût de l’opération, ce qui a une incidence directe sur les marges.
La dévaluation est une baisse soutenue de la valeur d’une devise. Une entreprise qui détient déjà (ou qui s’attend à recevoir) une devise qui chute voit son pouvoir d’achat diminuer par le fait même. Par conséquent, l’achat de devises permet de gérer un risque tout en en introduisant un autre.
La concentration est le risque lié à la manière dont une entreprise gère les deux premiers risques. Adopter une seule approche peut sembler un choix méthodique, mais cela limite la capacité de s’adapter aux conditions changeantes.
« Une stratégie de change rigoureuse combine plusieurs contrôles, notamment une exposition gérée sur les risques couverts au moment de l’opération et des positions détenues en devises, affirme Noftall. Cela offre la souplesse nécessaire pour s’adapter à l’évolution des conditions plutôt que de gérer l’ensemble des positions au moment de l’opération. »
Outils pouvant aider à gérer le risque de change
Plusieurs outils peuvent aider une entreprise à gérer l’exposition susmentionnée. Bon nombre d’entreprises utilisent une combinaison de ce qui suit, dans des proportions qui changent à mesure que leur exposition et leurs perspectives évoluent.
Taux de change en temps réel
Consulter le taux au moment du traitement du paiement évite toute incertitude à l’égard des opérations courantes. Une entreprise qui débite un compte en dollars canadiens pour envoyer un télévirement en dollars américains voit le coût exact en dollars canadiens de l’opération avant de la confirmer.
Contrats à terme
Un contrat à terme – qu’on appelle souvent une couverture – permet à une entreprise de bloquer aujourd’hui le coût d’une obligation de change future. La certitude est la valeur. Une fois le coût fixé, il devient un montant que vous pouvez intégrer à une soumission ou à un budget.
« Un contrat de change à terme offre une certitude supplémentaire en ce qui a trait au coût, ajoute Noftall. Une fois ce coût établi, il devient un coût fixe que vous pouvez intégrer directement dans votre analyse des prix et des marges, ce qui vous permet de prendre des décisions proactives en matière de coûts. »
Comptes en devises
Détenir des soldes dans les devises qu’une entreprise utilise le plus réduit le nombre de conversions requises et offre la possibilité d’acheter des devises lorsque les conditions sont favorables plutôt qu’à l’échéance d’un paiement. Une entreprise qui établit ses factures et effectue ses paiements en dollars américains, par exemple, peut mener une grande partie de ses activités sans aucune conversion.
Comment les entreprises canadiennes gèrent désormais les opérations de change
Au cours des 12 à 18 derniers mois, quelques tendances sont apparues dans la façon dont les entreprises canadiennes menant des activités transfrontières gèrent leurs devises. Ce qu’elles disent, c’est qu’il faut prendre une décision de change plus tôt dans le cadre d’une opération, à un moment où l’entreprise dispose de plus d’options et d’un meilleur contrôle.
Établir une politique de couverture
Plutôt que de couvrir tout ou rien, plusieurs entreprises couvrent désormais un pourcentage défini de comptes fournisseurs au moyen de contrats à terme – un pourcentage fixe à tout moment – et ajustent ce pourcentage lorsque les conditions le justifient. L’avantage de cette politique, c’est que personne n’a à déterminer si le taux d’une journée donnée est avantageux. Le pourcentage est établi à l’avance, appliqué de manière constante et révisé en fonction d’un calendrier plutôt qu’en réponse à une manchette.
« En établissant une politique officielle de couverture et en déterminant le pourcentage des dettes que vous couvrirez, vous n’avez plus besoin de vous fier à des évaluations quotidiennes des taux. Cela permet une gestion proactive des coûts plutôt que de devoir réagir aux fluctuations quotidiennes des taux », explique Noftall.
Acheter avant une augmentation prévue des coûts
Avant les récents événements liés aux droits de douane, les volumes élevés d’achats et d’échanges commerciaux étaient visibles dans les données sur les opérations, et les entreprises passaient leurs commandes à l’avance lorsque les flux de trésorerie et les capacités de crédit le permettaient. Cette tendance s’est poursuivie avec l’intensification des tensions commerciales.
Bien que l’achat anticipé soit associé à un coût de portage, il peut s’avérer une meilleure option que de faire face à des coûts plus élevés ultérieurement.
Acheter des devises de façon anticipée
Certaines entreprises achètent également des devises avant d’en avoir besoin et les conservent jusqu’à l’échéance d’un paiement. C’est une façon de profiter d’un taux que l’entreprise juge favorable plutôt que d’accepter le taux en vigueur le jour du paiement. Ce type d’opération peut s’accompagner d’un risque de dévaluation si la devise est détenue trop longtemps. C’est pourquoi il convient généralement mieux à un besoin connu et à court terme.
Bien que ces opérations ne mettent pas l’entreprise à l’abri de la fluctuation des devises, elles permettent de mieux gérer les coûts et les échéanciers. Lorsqu’une entreprise décide à l’avance quel pourcentage de son exposition au risque de change est fixe, elle peut estimer des prix, établir un budget et s’engager à l’égard d’une marge sans attendre de savoir à combien le taux s’établira.
Groupe Lacasse : la gestion des opérations de change comme levier stratégique
Groupe Lacasse conçoit et produit des meubles commerciaux à Saint-Pie, au Québec, et traite avec des clients du Canada et des États-Unis. Plus de 70 % de ses produits sont vendus au sud de la frontière, ce qui rend les opérations de change une considération d’affaires courantes, plutôt qu’une simple question de gestion de trésorerie.
Pour Maxime Vallières, chef des finances, gérer ce risque signifie comprendre l’incidence de la fluctuation du dollar canadien et du dollar américain sur les marges et donner à l’entreprise le temps et la souplesse nécessaires pour y réagir.
« Pour ce qui est des devises, notre stratégie à long terme s’appuie sur une combinaison de contrats à terme, d’options et d’opérations au comptant, et nous intégrons le taux de change à nos marges, dit-il. Ce sont les deux leviers dont nous nous servons pour gérer les opérations de change. »
Intégrer les opérations de change dans l’établissement des prix
Le taux de change est toujours une préoccupation, mais il revêt une plus grande importance lors de l’établissement du prix de contrats personnalisés. Environ 60 % de ses opérations aux États-Unis reposent sur des prix spéciaux, comme dans le cas où un client s’adresse à l’entreprise pour un projet précis. Plutôt que de tenir compte des opérations de change une fois le contrat obtenu, Lacasse les intègre dès le départ aux facteurs économiques y afférents.
L’équipe des finances examine la marge sur chacune de ces occasions en utilisant le taux de conversion alors en vigueur.
« S’il est de 1,38, j’en tiens compte, s’il est de 1,45, j’en tiens compte », affirme M. Vallières.
En procédant ainsi, l’entreprise a une vision plus à jour de la contribution attendue d’un projet avant de s’engager à respecter le prix – surtout si la devise elle-même peut générer une partie du profit de l’entreprise en tant qu’exportateur canadien.
Utiliser des contrats à terme pour disposer de temps pour s’adapter
Établir les prix au taux actuel n’élimine pas le risque que la devise fluctue entre le moment où le prix est établi et celui où le revenu en dollars américains est perçu. C’est là que les contrats à terme deviennent un autre levier.
Lacasse a recours à des contrats à terme pour gérer une partie de son exposition et atténuer l’incidence d’un dollar américain plus faible. Comme l’explique M. Vallières, l’entreprise profite de l’écart de change lorsque le dollar américain est fort, tandis que les contrats à terme lui donnent le temps de s’ajuster si cet avantage diminue.
Voici un exemple d’utilisation de plusieurs contrôles de change : l’un permet à Lacasse de tenir compte des devises lorsqu’il établit le prix d’un contrat, tandis qu’un autre l’aide à gérer ce qui pourrait se passer une fois le prix établi.
Gérer les opérations de change dans un environnement incertain
Les hypothèses relatives aux devises font l’objet d’un examen formel durant le processus d’établissement du budget annuel de Lacasse, mais elles ne sont pas coulées dans le béton jusqu’au cycle budgétaire suivant.
« Nous revoyons les taux de change chaque année dans le cadre de notre processus budgétaire, mais nous les consultons chaque semaine, voire tous les jours », explique M. Vallières.
La fréquence reflète l’environnement plus large dans lequel Lacasse mène ses activités. M. Vallières considère que l’incertitude, notamment en ce qui a trait à l’évolution des conditions commerciales et au report des dépenses en immobilisations par les clients, est l’un des plus grands défis actuels de l’entreprise. Son rôle consiste de plus en plus à comprendre les répercussions possibles de ces changements sur les résultats et la trésorerie de Lacasse au cours des 3, 6 ou 24 prochains mois.
Lacasse ne peut pas savoir à combien s’établiront les taux de change dans plusieurs mois. Son approche consiste plutôt à intégrer la devise aux décisions qu’elle peut prendre aujourd’hui – établir les prix en gardant à l’esprit le taux en vigueur, utiliser des contrats à terme pour gérer le risque futur et surveiller les conditions assez fréquemment pour s’ajuster en cas de changement.
Questions à se poser avant d’établir une politique de couverture de change
Quel risque couvrons-nous ? Comptes fournisseurs, comptes clients ou les deux – et dans quelles devises.
Quel pourcentage souhaitons-nous fixe ? Un pourcentage plus élevé signifie plus de certitude et moins de potentiel de hausse.
Quelle est la portée de la couverture ? L’horizon doit correspondre à la période pour laquelle vous pouvez faire des prévisions en toute confiance.
Qu’est-ce qui déclenche un changement ? Déterminez-le d’avance pour éviter d’avoir à réexaminer la politique chaque fois que les conditions changent.
Qui l’approuve et quand doit-on l’examiner ? Une date et un responsable clairs permettent de faire en sorte que la politique fonctionne comme il se doit.
Comment cela correspond-il à nos autres décisions concernant les opérations de change ? La couverture est un contrôle parmi d’autres.
Approfondissez : Qu’est-ce que la couverture de change ?
Au-delà du taux : autres éléments qui influent sur un paiement international
L’obtention d’un taux avantageux est l’une de deux mesures pour gérer un paiement international. La façon dont le paiement est acheminé est l’autre – c’est-à-dire quelle somme parvient à destination, à quel moment elle y parvient et la transparence du processus.
Nous examinons plus en détail les rouages du transfert de fonds dans notre article sur la façon dont les entreprises canadiennes automatisent les paiements et améliorent leur flux de trésorerie.
Frais : ce qui est déduit
Un paiement international peut passer par plusieurs banques avant d’arriver à destination, et chaque institution concernée peut déduire des frais. Il en résulte un manque à recevoir qui doit être comblé quelque part.
« Effectuer un paiement international dans une devise différente de celle du pays de destination, sauf entente contraire, peut entraîner des frais supplémentaires et une conversion de devises », explique Noftall.
Un autre point pertinent est la devise dans laquelle le paiement est effectué. Si vous envoyez des dollars canadiens à un fournisseur qui ne détient pas de compte en dollars canadiens, quelqu’un d’autre effectuera la conversion, à un taux qui ne relève en rien de vous. En effectuant la conversion avant l’envoi du paiement, vous restez maître de la décision – et du coût.
Options de paiement au-delà du télévirement
Les télévirements demeurent un fer de lance éprouvé pour les paiements transfrontaliers essentiels, offrant une certitude d’exécution grâce à une infrastructure institutionnelle solidement établie et à des réseaux de traitement transparents et sécurisés. Leur capacité à traiter des opérations d’une valeur illimitée et à régler les opérations dans les principaux corridors en quelques minutes les rend indispensables lorsque l’urgence du paiement et la certitude du règlement sont primordiales.
Paiement international RBC achemine les paiements aux systèmes de compensation locaux plutôt que par l’intermédiaire de correspondants bancaires. Le service peut joindre les bénéficiaires dans plus de 200 pays et effectuer les paiements dans plus de 80 devises. Les paiements, ponctuels ou récurrents, sont envoyés à partir de comptes en dollars canadiens ou américains et les bénéficiaires reçoivent la pleine valeur du capital.
« Paiement international permet à nos clients qui ont des activités dans plusieurs pays de regrouper et de gérer leurs besoins en matière de change et de trésorerie de façon centralisée à partir du Canada, ce qui améliore l’efficacité opérationnelle et le contrôle direct des décisions de financement et de rapprochement », déclare Noftall.
ACH transfrontalier gère les paiements récurrents de faible valeur – paie, régime de retraite, paiements courants aux fournisseurs – provenant du Canada et effectués à l’échelle locale. L’équipe de la trésorerie n’a ainsi pas besoin de gérer un compte et un solde dans chaque marché.
Suivi : à quelle prévisibilité une entreprise peut-elle s’attendre ?
Le suivi des paiements internationaux s’est considérablement amélioré ces dernières années. Les paiements effectués sur le réseau SWIFT peuvent faire l’objet d’un suivi de bout en bout, ce qui permet de savoir quand le paiement a quitté la banque d’origine, quelles institutions l’ont traité, ce qui a été déduit et quand le bénéficiaire l’a reçu.
« On croit souvent à tort que les virements bancaires prennent plusieurs jours pour être réglés. Dans de nombreux cas, dans les principaux corridors, les paiements peuvent être réglés en quelques heures », précise Noftall.
La prévisibilité varie toutefois en fonction de la complexité. Un paiement acheminé par plusieurs intermédiaires dans un corridor moins commun offre moins de clarté qu’un acheminement direct dans une région à plus grande visibilité. La capacité de suivi varie également selon le type de paiement. Bien que les télévirements soient plus faciles à suivre, d’autres méthodes de paiement transfrontalier sont moins transparentes.
Les paiements peuvent aussi être retenus aux fins de vérification, en cas de soupçon d’irrégularité ou de renseignements manquants ou inexacts. Par exemple, si le nom du bénéficiaire ne correspond pas à celui du compte au dossier, la banque réceptrice peut demander des éclaircissements ou refuser le paiement, un processus habituellement plus long que le transfert initial.
Les mêmes conditions qui compliquent le suivi d’un paiement international rendent plus difficile le recouvrement d’un paiement frauduleux. Les différences de langue, de fuseau horaire et de règles de paiement ralentissent le processus, ce qui rend les contrôles à l’interne encore plus importants.
Comment réduire la fraude liée aux paiements internationaux ?
Les paiements internationaux comportent un risque de fraude accru, car les fonds peuvent être plus difficiles à récupérer une fois les frontières franchies. Les décalages horaires ainsi que les divergences linguistiques et réglementaires peuvent freiner les démarches de recouvrement, tandis que les fraudeurs s’empressent de faire transiter les sommes dérobées par de multiples comptes ou modes de paiement (technique appelée empilement ou « layering »), ce qui complique leur traçage et leur rappel.
Les banques qui entretiennent des relations avec d’autres territoires peuvent parfois faire appel à des institutions locales pour intervenir. Toutefois, empêcher un paiement frauduleux avant même qu’il ne quitte l’entreprise demeure le meilleur moyen de défense.
« Si vous faites affaire avec des fournisseurs étrangers, vous avez tout intérêt à renforcer vos protocoles de vérification hors ligne », souligne Eric Yu, directeur général principal, Stratégie, Lutte antifraude, secteur commercial et Transformation à RBC.
Bon nombre des mécanismes antifraude appliqués aux opérations nationales conviennent aussi aux paiements internationaux, mais la complexité accrue du recouvrement des fonds rend leur application rigoureuse d’autant plus essentielle :
Vérifiez les modifications hors ligne. Confirmez toute modification des coordonnées bancaires d’un fournisseur étranger par téléphone, en utilisant le numéro déjà inscrit à son dossier.
Surveillez les modifications des coordonnées. Une nouvelle adresse courriel ou un nom de domaine légèrement modifié peut indiquer qu’un compte a été compromis ou usurpé.
Exigez des approbations pour les nouveaux bénéficiaires. La double approbation et des vérifications additionnelles ajoutent un niveau de contrôle avant l’envoi des fonds.
Conservez les coordonnées vérifiées hors ligne. Tenez un registre sécurisé de numéros de téléphone fiables afin que votre équipe puisse corroborer les demandes de façon indépendante.
Rapprochez rapidement vos comptes. Plus vite un paiement frauduleux est repéré, plus vite les démarches de recouvrement peuvent être amorcées.
Le rôle des conseils et de l’expertise dans la gestion des opérations de change
Les décisions de change sont rarement prises de manière isolée. Une question portant sur la couverture d’une partie des comptes fournisseurs se transforme en une question portant sur le cycle des flux de trésorerie, puis sur la capacité de crédit, et enfin sur la valeur de la restructuration d’une relation avec un fournisseur. C’est ici qu’interviennent les conseils.
La finance intégrée rend les conseils proactifs
Les conseils sont plus utiles avant de prendre une décision. La finance intégrée – le lien direct entre les systèmes d’une entreprise et ceux de sa banque – rend cette séquence possible, car la banque voit aussi les opérations ultérieures plutôt que seulement antérieures.
« Si nous pouvons voir les cycles de trésorerie d’une entreprise ainsi que les comptes fournisseurs et comptes clients du point de vue des données, nous pouvons faciliter l’analyse prédictive, affirme M. Noftall. Nous pouvons voir que vous disposez de 100 000 euros dans votre compte, et qu’en fonction de vos dépenses et paiements aux fournisseurs à venir, vous allez manquer d’euros. »
Disposer de cette information six semaines à l’avance n’est pas la même chose que le découvrir le jour où un paiement est dû. Avec ce type de renseignements, une entreprise peut souscrire un contrat à terme, acheter des euros dès maintenant si le taux est avantageux, ou attendre s’il y a des raisons de prévoir des fluctuations.
Les spécialistes peuvent vous aider à composer avec la complexité des opérations de change
Bien entendu, choisir entre ces options fait appel à notre jugement quant aux devises concernées, aux conditions du marché et à la position de l’entreprise. « Le soutien d’un de nos spécialistes, Opérations de change, qui comprend les conditions et les tendances des devises, peut aider nos clients à élaborer leur stratégie de change », ajoute Noftall.
Outre les équipes de gestion relationnelle, RBC compte sur une équipe de spécialistes des opérations de change. Ils collaborent avec les équipes de vente et de service en gestion de trésorerie et des marchés des capitaux pour offrir des conseils adaptés aux besoins, aux objectifs et aux plans des clients.
Cinq conseils pour gérer les opérations de change
De Geoff Noftall, chef, Paiements internationaux et opérations de change, Solutions de gestion de trésorerie, RBC
1. Demeurez au fait des conditions qui influencent vos devises
En fondant vos décisions de change sur l’évolution du commerce international, les annonces des banques centrales et les données pertinentes, vous pourrez décider quand agir ou attendre.
2. Gérez les risques de manière proactive
Analysez les comptes fournisseurs et les comptes clients exigibles au cours des prochains trimestres, puis déterminez à l’avance quelle part de ces comptes vous souhaitez bloquer.
3. Adopter une stratégie équilibrée de gestion du risque de change
Les approches combinées – une partie du risque couverte, une autre partie gérée au moment de l’opération et une partie détenue en devise – vous donnent l’occasion de vous adapter aux conditions changeantes.
4. Surveillez de près le cycle de vos flux de trésorerie
Les décisions de change sont des décisions sur les flux de trésorerie. Le fait de savoir à quel moment les fonds sortent, dans quelle devise et pour répondre à quelles obligations peut donner à votre équipe plus de latitude pour prendre les bonnes décisions.
Pour en savoir plus sur la gestion du cycle lui-même, consultez notre article sur l’optimisation des liquidités et du fonds de roulement.
5. Restez en contact avec votre banque
Les questions de change portent généralement sur le crédit, le sourçage, les modes de paiement et les échéanciers. Consultez votre directeur relationnel pour vous assurer de disposer des bonnes solutions.
Les devises varient constamment et les fluctuations sont souvent imprévisibles. Bien qu’aucune préparation ne permette de contrôler les taux, elle peut vous aider à planifier en fonction de ceux-ci. Une approche proactive peut transformer l’imprévisibilité des opérations de change en risque commercial gérable.
Transformez le risque de change en occasion
Faire des affaires dans n’importe quelle devise peut être compliqué, et le moment où vos conversions sont effectuées peut souvent avoir d’importantes répercussions sur vos résultats commerciaux.
RBC peut vous aider à transformer le risque de change en une variable gérée et à réduire le risque de change lors de l’achat ou de la vente à l’étranger, peu importe la devise.
Parlez à votre directeur relationnel RBC des opérations de change et des outils de paiement international mis à votre disposition pour appuyer vos activités transfrontières.
Consultez la page Opérations de change pour accéder aux outils et aux solutions de paiement.
Foire aux questions (FAQ) sur les opérations de change
Aucun outil à lui seul ne peut couvrir chaque fluctuation des devises. La plupart des entreprises en utilisent plusieurs : contrats à terme (opération de couverture) pour immobiliser le coût d’une obligation future connue, surveillance des taux en temps réel pour les paiements courants et comptes en devises pour détenir des devises et effectuer des paiements les nécessitant. La bonne combinaison dépend de la proportion de vos charges de base à risque, de l’horizon possible de vos prévisions et du niveau de certitude dont vous avez besoin pour établir le prix de votre travail.
Un contrat à terme, aussi appelé opération de couverture, vous permet de bloquer le taux de change du jour pour un paiement ultérieur. Il est généralement plus utile pour une obligation connue à une date précise et lorsque le prix indiqué dans une estimation ou un contrat doit être respecté. L’avantage est la certitude, plutôt qu’un taux meilleur, voire pire.
Un paiement international peut passer par plusieurs banques avant de parvenir au bénéficiaire, chacune d’entre elles pouvant déduire des frais. Il est possible de réduire ou d’éviter ces frais en envoyant le paiement dans la devise du bénéficiaire ou en employant une méthode qui l’achemine directement dans le système de compensation local.
L’acheminement des paiements internationaux est plus rapide que les entreprises ne le supposent. Les paiements envoyés par le réseau SWIFT peuvent être réglés en quelques minutes dans les corridors courants, bien que les délais varient selon le parcours, le nombre d’intermédiaires et le marché destinataire. Les paiements peuvent également être retenus aux fins de vérification ou en cas de renseignements manquants ou inexacts, ce qui souligne l’importance de l’exactitude des renseignements sur le bénéficiaire.
Un compte en devises vous permet d’effectuer et d’accepter des paiements dans la devise dans laquelle vous menez vos activités et d’économiser sur les frais de conversion de devises en n’ayant pas besoin d’acheter ou de vendre des devises à chaque opération.
Non, les entreprises n’ont pas besoin de prévoir les taux de change. Les taux répondent à un trop grand nombre de variables à la fois pour permettre des prévisions fiables. L’objectif le plus réaliste consiste plutôt à savoir combien votre devise vous coûtera et d’avoir un plan pour la portion que vous ne pouvez pas immobiliser.
Le présent article vise à offrir des renseignements généraux seulement et n’a pas pour objet de fournir des conseils juridiques ou financiers, ni d’autres conseils professionnels. Veuillez consulter un conseiller professionnel en ce qui concerne votre situation particulière. Les renseignements présentés sont réputés être factuels et à jour, mais nous ne garantissons pas leur exactitude et ils ne doivent pas être considérés comme une analyse exhaustive des sujets abordés. Les opinions exprimées reflètent le jugement des auteurs à la date de publication et peuvent changer. La Banque Royale du Canada et ses entités ne font pas la promotion, ni explicitement ni implicitement, des conseils, des avis, des renseignements, des produits ou des services de tiers.

