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L’agriculture traverse une période de transition, où la politique commerciale, les exigences des acheteurs et même les conditions météorologiques transforment l’exploitation agricole.
Le commerce mondial devient moins prévisible : les droits de douane et les changements de politique créent de nouvelles occasions ainsi que de nouveaux défis pour l’agriculture canadienne.
Bien que les gouvernements nord-américains aient postposé les mesures climatiques ou fait marche arrière devant elles, les acheteurs et les sociétés fermées continuent de promouvoir la durabilité environnementale en recherchant des données sur les émissions, la santé des sols et la consommation d’eau, tout en améliorant ainsi la transparence et la résilience des chaînes logistiques.
« L’agriculture traverse une période de véritable transition structurelle ; c’est la toile de fond de tout ce qui est en train de se passer. » — L’ambassadrice Darci Vetter, experte en commerce international.
Darci Vetter, auparavant négociatrice en chef pour l’agriculture auprès du représentant américain au commerce, a fait part de ce point de vue lors d’un entretien sur le leadership avisé organisé récemment par RBC dans le domaine de l’agriculture. Cette discussion a porté sur la façon dont les changements de politiques commerciales internationales redéfinissent les activités de la prochaine génération de producteurs au Canada.
Même si les échanges commerciaux continuent de stimuler la rentabilité et la croissance du secteur agricole canadien, cette nouvelle réalité exige une réflexion plus poussée. Cela comprend des stratégies visant à améliorer la résilience des fermes par la diversification, à reconnaître l’importance croissante des données sur la durabilité environnementale et des changements politiques, et à surveiller (et saisir) les occasions de revirement dans un contexte commercial plus dynamique.
Rencontrez Darci Vetter

L’ambassadrice Darci Vetter, auparavant négociatrice en chef pour l’agriculture auprès du représentant américain au commerce, et sous-secrétaire adjointe au département de l’Agriculture des États-Unis (USDA), a dirigé les négociations sur les grands accords commerciaux, dont le Partenariat transpacifique et des accords d’accès aux marchés ciblés avec le Japon et la Chine. Elle est actuellement vice-présidente des affaires publiques à Driscoll’s et elle a également occupé des postes de haute direction à PepsiCo et à The Nature Conservancy, où elle a donné des conseils sur la durabilité environnementale et le commerce à des sociétés agroalimentaires. Ayant grandi dans une ferme familiale au Nebraska, Mme Vetter allie une expertise de haut niveau en politique à une compréhension approfondie des enjeux agricoles quotidiens, ce qui lui confère une perspective qui trouve un écho auprès des producteurs.
L’évolution du commerce agricole mondial – et ses répercussions sur les producteurs canadiens
Au cœur de son allocution, Mme Vetter a lancé un message clair : à mesure que les règles du commerce mondial évoluent, les producteurs canadiens doivent s’efforcer de suivre leur trajectoire pour conserver leur compétitivité. Autrement dit, le système stable et prévisible que les agriculteurs connaissaient autrefois a cédé la place à un contexte bien plus complexe, qui change vite. Celui-ci prend de nouveaux contours provenant des forces qui se recoupent, p. ex., les changements de politique, l’augmentation de la concurrence mondiale et les préoccupations climatiques. Cette transition pousse les producteurs à délaisser la réactivité au profit d’une approche proactive dans leur prise de décision.
Voici les trois observations qui ressortaient le plus du discours principal :
- Les pratiques agricoles régénératrices pourraient prolonger la productivité de nombreuses zones de production clés d’une durée de cinq à dix ans.
- Le principal facteur de la durabilité sur le plan environnemental ne provient pas seulement de la réglementation gouvernementale, mais aussi de la demande des entreprises et des investisseurs de renforcer la résilience de leurs chaînes logistiques pour l’avenir.
- La politique commerciale mondiale, particulièrement aux États-Unis, s’éloigne des accords commerciaux multilatéraux au profit d’une approche plus unilatérale, axée sur les droits de douane.
Quatre points à considérer pour l’agriculture canadienne dans le nouveau contexte commercial
1. La politique commerciale est imprévisible ; privilégiez la diversification et la planification en conséquence.
L’ACEUM lie étroitement le Canada aux États-Unis et au Mexique. Ceci présente des avantages sur le plan de l’intégration, mais aussi une prise de risques commune à l’évolution des conditions et des résultats, puisque les produits et les intrants traversent souvent plusieurs fois les frontières avant d’atteindre leur destination. Cela dit, le Canada a accès à des marchés que les États-Unis n’ont pas, et des accords tels que le Partenariat transpacifique et l’AECG offrent de véritables possibilités de diversification des échanges commerciaux.
Idées à envisager : Considérer la politique commerciale comme un risque commercial de base, y compris cesser de compter sur un seul partenaire commercial. Diversifier les marchés d’exportation directement ou indirectement, intégrer la souplesse dans les plans de marketing et surveiller de près les changements politiques. Explorer de nouveaux accords commerciaux et des marchés émergents pour réduire l’exposition aux droits de douane et créer de nouvelles sources de revenus.
2. La durabilité environnementale crée des occasions de différenciation sur le marché.
L’agriculture entre dans une période de changements significatifs. Les changements structurels, l’évolution de la dynamique du marché et le fait de privilégier de plus en plus la production durable ouvrent de nouvelles perspectives pour la gestion et l’essor des exploitations. Dans le même temps, les acheteurs et les entreprises agroalimentaires qui accordent une valeur accrue à la transparence en ce qui concerne les données sur les émissions, la santé des sols et la consommation d’eau, choisissent désormais de communiquer plus souvent avec les producteurs qui font preuve de progrès continus. Cette évolution crée de nouvelles occasions pour les producteurs canadiens, d’autant plus que les marchés mondiaux continuent d’offrir une prime à l’offre constante de produits de grande qualité provenant de régions dont la croissance est stable.
Idées à prendre en compte : Chercher des moyens de renforcer la productivité à la ferme et la souplesse à long terme en intégrant des pratiques et des outils qui soutiennent les objectifs environnementaux et commerciaux, notamment :
- Améliorer la santé des sols et la gestion de l’eau pour soutenir une production plus régulière tout en améliorant l’efficacité
- Utiliser des outils comme l’Explorateur climatique RBC : agriculture ou le modèle Holos d’Agriculture Canada pour comprendre votre empreinte environnementale
- Faire le suivi des progrès et les consigner afin de différencier vos activités et de vous conformer à l’évolution des attentes du marché
- Examiner les programmes qui récompensent la performance environnementale et offrent des occasions privilégiées aux fournisseurs
3. La résilience des chaînes logistiques contribue à créer des avantages concurrentiels.
Les perturbations géopolitiques et les obstacles commerciaux se répercutent sur le coût des intrants, notamment les engrais, les semences, l’équipement et les aliments pour animaux. Dans la foulée, les sources fiables sont plus difficiles à trouver. Il s’agit d’une pression opérationnelle qui s’accentue rapidement lorsqu’elle n’est pas gérée.
Idées à prendre en compte : Privilégier l’efficacité, la gestion des coûts et la planification de la chaîne logistique. S’approvisionner auprès de plusieurs fournisseurs, réduire les déchets dans la mesure du possible et ajuster les plans de production pour conserver sa compétitivité à mesure que les coûts changent.
4. Livrez votre témoignage.
Les agriculteurs canadiens peuvent influer sur la politique commerciale, les programmes de durabilité environnementale et la réglementation en faisant entendre leurs points de vue à des groupes de pairs, aux décideurs politiques, aux organismes sectoriels et aux consommateurs, afin de s’assurer de participer à la conversation et non d’y réfléchir après coup.
Idées à prendre en compte : Participer activement aux discussions sur la politique commerciale ou se libérer pour participer aux consultations afin de faire entendre sa voix. Ce sont les règles rédigées maintenant qui façonneront les marchés sur lesquels vous ferez concurrence pendant des années.
La voie à suivre : assurer le succès à long terme des producteurs de la nouvelle génération
Les producteurs canadiens doivent surveiller plusieurs nouvelles tendances : des changements climatiques continus qui redéfinissent les lieux et les modes de production des cultures ; la normalisation des exigences en matière de durabilité environnementale et les attentes en matière de divulgation sont plus claires ; et les relations commerciales restent fluides, car de nouveaux accords et de nouveaux conflits continuent de transformer le marché.
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Pour surmonter cette période, il faut aborder le changement avec un esprit ouvert sur les occasions et la croissance. Au lieu de compter sur les exportations traditionnelles vers des partenaires traditionnels, les producteurs peuvent envisager de diversifier leurs produits et leurs marchés.
Là encore, la collaboration dans l’ensemble de la chaîne de valeur a toute son importance. Les fournisseurs d’intrants, les conseillers agricoles, les acheteurs et les partenaires financiers peuvent tous s’atteler à mettre en œuvre de nouveaux programmes et de nouvelles technologies. De plus, la participation à ces initiatives peut offrir des incitatifs financiers, un soutien technique ou un état de fournisseur privilégié qui compense les coûts de transition.
En misant sur l’innovation, en s’adaptant aux nouvelles réalités du marché et en mettant à profit la solide position du Canada à l’échelle mondiale, la prochaine génération de chefs de file agricoles du Canada contribuera à la réussite des activités et à la vigueur de l’industrie pour les générations futures.
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