TLDR
La rentabilité des exploitations agricoles est de plus en plus influencée par des forces mondiales comme les politiques publiques, les dynamiques géopolitiques et la demande internationale, et ne dépend plus uniquement de la productivité agricole.
Un environnement en constante évolution ouvre la voie à de nouvelles possibilités. Les transformations continues du commerce mondial et des marchés des produits de base, ainsi que les fluctuations des devises et des taux d’intérêt, créent de nouvelles occasions à saisir.
Des perspectives financières solides deviennent un avantage concurrentiel déterminant. À l’instar d’un agronome qui conseille sur l’ensemble des enjeux agronomiques, les producteurs canadiens doivent s’entourer d’un solide réseau de partenaires externes et de conseillers financiers afin de compléter leur expertise technique.
Des stratégies proactives comme la couverture des risques, la structuration de la dette et la planification des taux d’intérêt sont essentielles pour gérer les risques, protéger les marges et préserver les flux de trésorerie.
Les producteurs qui s’appuient sur des équipes-conseils solides, demeurent bien informés et planifient de manière proactive sont les mieux positionnés pour se démarquer et prospérer dans un secteur en rapide évolution.
Aujourd’hui, une simple variation du dollar canadien peut entraîner des fluctuations importantes du prix du soja, sans qu’il n’y ait de changement dans l’offre ou la demande. De la même manière, les taux d’intérêt jouent désormais un rôle plus visible dans la rentabilité des exploitations agricoles. Par ailleurs, des cultures comme le maïs évoluent au-delà des marchés de produits de base traditionnels, s’imposant dans les marchés de l’énergie, répondant à la demande en biocarburants et influençant les politiques commerciales mondiales.
Pour la prochaine génération de producteurs canadiens, ces transformations représentent à la fois des défis et de nouvelles perspectives prometteuses. Ceux qui sauront conjuguer excellence opérationnelle, solide compréhension des enjeux financiers et maîtrise des dynamiques des marchés mondiaux seront en mesure de prendre des décisions plus éclairées — atténuant ainsi les risques opérationnels tout en tirant parti des nouvelles occasions.
Ces enjeux ont été abordés lors d’une récente discussion avec trois experts en financement agricole à RBC qui ont fait état de leurs points de vue sur les forces mondiales qui redéfinissent les finances agricoles et sur la manière dont la prochaine génération de producteurs canadiens peut se positionner pour réussir.
Leur message ? Dans un environnement appelé à demeurer dynamique, vous n’avez pas à relever ces défis seuls. Les producteurs qui adoptent une approche proactive de la gestion des risques, s’entourent d’équipes-conseils solides et se tiennent informés des tendances mondiales seront mieux outillés pour s’adapter, croître et prospérer pour les générations à venir.
Animée par Rod Whitfield, premier directeur général, Groupe des clients corporatifs, Services bancaires commerciaux RBC, la discussion réunissait trois experts sectoriels :
Lisa Ashton, directrice générale et responsable principale, Politique agricole et nature, Leadership avisé RBC, dont les travaux portent sur la recherche et la mobilisation visant à renforcer le secteur agroalimentaire canadien et à stimuler sa croissance.
Lana Difrancescomarino, vice-présidente, Groupe Solutions de gestion du risque, RBC Marchés des Capitaux, qui possède plus de dix ans d’expérience dans l’élaboration de stratégies de couverture des taux d’intérêt et des devises pour des entreprises et des exploitations agricoles.
Bert Caputo, analyste financier agréé, conseiller en placement, spécialiste en contrats à terme sur marchandises, RBC Dominion valeurs mobilières, qui cumule plus de 25 ans d’expérience à accompagner les producteurs canadiens dans l’élaboration de stratégies de commercialisation des produits de base à l’aide de contrats à terme et d’options.
5 constats clés sur les forces mondiales qui redéfinissent les finances agricoles
1. Risque de change : Les fluctuations des devises ont un impact direct et mesurable sur les revenus agricoles, faisant du taux de change un facteur déterminant dans le choix du moment de vente.
Tendance : Les fluctuations des devises peuvent faire varier les prix des produits de base du jour au lendemain ; même de légers mouvements du dollar canadien peuvent avoir une incidence marquée sur les revenus. Étant donné que les produits agricoles canadiens sont généralement évalués en fonction des marchés américains, le spécialiste en contrats à terme sur marchandises Bert Caputo souligne qu’une appréciation d’un seul cent du dollar canadien peut entraîner une baisse d’environ 1 % des prix de vente des cultures. Pour une culture comme le soja, cela peut représenter une diminution d’environ 15 cents par boisseau, sans aucun changement dans l’offre ou la demande.
En résumé : Les producteurs canadiens sont désormais confrontés à des dynamiques de marchés financiers qui rivalisent avec les défis de production, ce qui rend la maîtrise des enjeux financiers tout aussi essentielle que l’expertise agronomique. Selon Bert Caputo, le suivi des taux de change, en parallèle des prix des produits de base, permet aux producteurs de prendre des décisions plus éclairées.
2. Produits de base : Les marchés des produits de base ne sont plus uniquement déterminés par les dynamiques traditionnelles d’offre et de demande ; ils sont désormais influencés par un ensemble élargi de forces mondiales.
Tendance : Les marchés des produits de base deviennent de plus en plus interconnectés, influencés par les politiques publiques et plus volatils. « Autrefois, le maïs était simplement du maïs. Aujourd’hui, il peut aussi être considéré comme une source d’énergie », explique Bert Caputo. Autrement dit, les prix du maïs (et d’autres produits de base) peuvent désormais être influencés par de multiples facteurs, notamment la demande des marchés de l’énergie, les politiques sur les biocarburants, les dynamiques géopolitiques et les chaînes logistiques mondiales. Par conséquent, les producteurs doivent s’attendre à une plus grande imprévisibilité des prix et des facteurs de demande, notamment en raison des interventions gouvernementales et des décisions de politiques publiques à l’échelle mondiale.
En résumé : À l’échelle de l’exploitation, les producteurs canadiens évoluent désormais dans un environnement où les prix des produits de base peuvent varier considérablement sans modification des pratiques de production, ce qui confère un avantage marqué à une compréhension approfondie des marchés mondiaux. Pour évoluer efficacement dans cette nouvelle réalité, la prochaine génération de producteurs canadiens gagnera à aligner ses activités sur les tendances de la demande à long terme et à suivre de près les facteurs clés des marchés mondiaux, comme les prix de l’énergie, les dynamiques géopolitiques et les changements de politiques publiques. Par ailleurs, il est recommandé d’élaborer un plan formel de gestion des risques précisant les cibles de prix et les objectifs de marge et intégrant des stratégies de couverture — notamment à l’aide d’outils comme les contrats à terme, les contrats à terme de gré à gré et les options — afin de sécuriser les prix ou de se protéger contre les baisses.
3. Taux d’intérêt : Disposer d’une stratégie claire et réfléchie en matière de taux d’intérêt équivaut à gérer de façon proactive les prix des cultures, les coûts des intrants et le suivi de la productivité.
Tendance : Après avoir atteint un sommet en 2024, le taux directeur de la Banque du Canada a été abaissé à la limite inférieure de sa fourchette cible « neutre ». Les marchés laissent entendre que les taux d’intérêt pourraient évoluer dans un contexte de « taux plus élevés pour plus longtemps », avec une faible probabilité de revenir aux niveaux d’emprunt exceptionnellement bas observés au cours de la dernière décennie. Comme les coûts d’emprunt ont une incidence directe sur la rentabilité, les flux de trésorerie et les décisions d’investissement, leur impact doit être pleinement intégré dans la planification financière à long terme.
En résumé : Les taux d’intérêt doivent désormais occuper une place prioritaire dans la gestion globale de l’exploitation de la prochaine génération de producteurs canadiens. Plus précisément, elle devra mettre en place une stratégie formelle en matière de taux d’intérêt, fixer les taux au besoin afin d’assurer une meilleure prévisibilité des coûts, revoir régulièrement les ententes de financement en fonction de l’évolution des marchés, et intégrer des hypothèses réalistes de taux plus élevés à long terme dans la planification de l’entreprise. « Compte tenu de la complexité des variables agricoles, la seule chose que vous pouvez réellement fixer à long terme, c’est votre charge d’intérêts. Tout le reste — la météo, les prix des produits de base, la main-d’œuvre — demeure incertain », souligne Lana Difrancescomarino, vice-présidente, Solutions de gestion du risque, à RBC Marchés des Capitaux. Une gestion efficace des taux d’intérêt peut ainsi constituer un avantage concurrentiel significatif pour les producteurs.
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4. Structuration de la dette : Le coût de la dette peut augmenter rapidement, le refinancement peut s’avérer coûteux, et la structure de la dette a une incidence directe sur la performance globale des exploitations.
Tendance : Les besoins en capital des exploitations agricoles modernes rendent le recours à l’endettement incontournable comme levier pour valoriser les actifs et accroître la productivité. Lorsqu’elle est bien structurée, la dette peut soutenir la croissance et la résilience, tout en préservant la flexibilité opérationnelle face à l’évolution des conditions.
En résumé : Afin de protéger les flux de trésorerie et d’assurer la stabilité à long terme de l’exploitation, Lana Difrancescomarino recommande une approche multidimensionnelle de la gestion de la dette. Cela comprend notamment la diversification de la structure de la dette (en équilibrant les prêts à taux fixe et à taux variable), le recours à des instruments financiers comme les swaps de taux d’intérêt, l’échelonnement de la dette dans le temps afin de répartir les risques, ainsi que l’élaboration d’un plan de gestion des risques intégrant des cibles de marge, des marges de sécurité et des stratégies de contingence. Surtout, elle souligne l’importance de revoir régulièrement ces stratégies avec des conseillers financiers afin d’évaluer les occasions et d’ajuster la structure de la dette en fonction de l’évolution des taux.
5. Dynamique du commerce mondial — vents favorables et contraires : Malgré l’incertitude qui persiste sur les marchés mondiaux et l’érosion de la confiance à l’égard des accords commerciaux actuels avec les États-Unis, les exportations agroalimentaires canadiennes se sont considérablement diversifiées au cours des dernières années.
Tendance : À mesure que le commerce mondial devient plus tributaire des politiques publiques et plus volatil, le Canada fait face à la fois à des défis — partenaires commerciaux moins fiables, politiques internationales en constante évolution — et à des occasions — accès à de nouveaux marchés et diversification des produits. En évoquant la demande en provenance de nouveaux marchés internationaux comme l’Union européenne, le Japon, la Corée du Sud et l’Afrique du Nord, Lisa Ashton souligne : « Le secteur agricole canadien jouit d’une excellente réputation à l’échelle mondiale pour ses normes de sécurité et la qualité de ses produits. Là où nous devons progresser, c’est en matière de fiabilité et dans notre capacité à acheminer nos produits vers les marchés mondiaux de façon plus efficiente. »
Télécharger le rapport RBC
Semer l’expansion : répondre au déficit de capital de croissance de l’agroalimentaire canadien
En résumé : Les frontières économiques s’estompent. Les producteurs canadiens doivent désormais aller au-delà de la production locale et comprendre comment l’évolution des dynamiques mondiales peut influencer la demande et leur position financière. Il faut notamment s’entourer de partenaires financiers pour demeurer bien informé des marchés internationaux, adapter les systèmes de production aux besoins de nouveaux acheteurs à l’étranger, diversifier l’offre d’exportation et renforcer la fiabilité des opérations.
Prêt à renforcer votre arsenal financier ? Communiquez avec votre directeur relationnel RBC pour explorer des stratégies de couverture, des solutions de financement et des ressources de gestion des risques conçues pour les exploitations agricoles modernes.
Pour obtenir d’autres conseils : Services bancaires agricoles et solutions financières – RBC Banque Royale
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